RÉGIONS:

DE LA PRESSE; UN DIRECTEUR DE PUBLICATION EMPRISONNÉ ENVOIE UN MESSAGE

Comme il le fait chaque année à la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a publié sa liste des "Dix pires ennemis de la presse". Deux "récidivistes", le chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, et le président Jiang Zemin de Chine, sont accompagnés en tête de liste cette année par le président du Libéria, Charles Taylor. Khamenei est "l’instigateur d’une campagne implacable menée contre la vaillante presse réformatrice du pays, qui a entraîné la fermeture de dizaines de journaux et l’incarcération de journalistes connus pour leur franc parler", a déclaré le CPJ. Taylor est mentionné pour son recours à la censure, à la prison et aux menaces de violence pour faire taire les médias indépendants du Libéria. Quant à Jiang, il figure sur la liste pour la cinquième année de suite, "parce qu’il maintient le contrôle obsessif du parti communiste chinois sur les informations grâce à de fortes peines de prison, qui font de la Chine le premier geôlier mondial des journalistes".

Les autres nouveaux venus sur la liste sont le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, le président Vladimir Poutine de Russie et le chef paramilitaire de Colombie Carlos Castaño. Le président de l’Ukraine, Leonid Kutchma, est revenu sur la liste après un an d’absence. Le CPJ a aussi nommé le président Fidel Castro de Cuba (un vétéran, il figure sur la liste depuis sept ans), le président Zine Al-Abdine Ben Ali, de Tunisie (quatrième année sur la liste), et le premier ministre de la Malaysia, Mahathir Mohamad (troisième année sur la liste). Le CPJ constate que trois des pires ennemis de la presse de l’an dernier – le chef rebelle de la Sierra Leone, Foday Sankoh, l’ex-président du Pérou, Alberto Fujimori et Slobodan Milosevic de Yougoslavie – ont été chassés du pouvoir au cours de la dernière année, mais soutient qu’"il n’y a pas de pénurie de candidats pour les remplacer".

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le CPJ a en outre reçu un message de vœux du journaliste iranien emprisonné Mashallah Shamsolvaezine. Directeur de plusieurs quotidiens iraniens maintenant interdits, Shamsolvaezine a été incarcéré en avril 2000, après avoir été condamné à trente mois de réclusion parce qu’il aurait bafoué les principes islamiques en publiant un article critique à l’égard de la peine de mort en Iran. "Malgré que je languisse en prison, j’ai célébré cette Journée avec mes autres collègues journalistes emprisonnés, et je partage les sentiments des journalistes du monde entier", écrit Shamsolvaezine, qui a demandé que les gens se souviennent des journalistes qui ont "sacrifié leur vie pour protéger la liberté de la presse". Il a rappelé aux geôliers des journalistes qu’"ils ne pourront jamais tuer la pensée de la liberté". Pour plus de renseignements sur les dix pires ennemis de la liberté de la presse et sur le message de Shamsolvaezine, consulter www.cpj.org.


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