Dans sa déclaration émise à lâoccasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, la Société interaméricaine de la presse (SIP) constate que la liberté de la presse a avancé et reculé dans les Amériques, et se livre à une critique des lois qui visent à réglementer la presse et de celles qui prévoient des peines dâemprisonnement pour les journalistes. Selon lâassociation, les pays de lâhémisphère occidental seraient à lâavant-garde de la liberté de parole sâils rendaient tous leurs lois conformes à la Déclaration de principes sur la liberté dâexpression dans les Amériques, que la Commission interaméricaine des droits de lâhomme (IACHR) a adoptée récemment. La SIP maintient que "la liberté dâexpression arrive avant tous les autres droits de la personne parce que toute violation de ces droits â comme la torture, le meurtre, la corruption ou lâenlèvement â reste impunie sâil nây a pas la liberté dâexpression".
Les développements positifs, comme la réappropriation des valeurs démocratiques au Pérou et les réformes législatives au Chili qui ont aboli la censure, illustrent un changement dâattitude chez les gouvernants et les gouvernés, dit la SIP. Lâorganisation affirme néanmoins que "dans un certain nombre de pays se trouvent encore des politiciens et des dirigeants rétrogrades qui punissent les gens en ne permettant pas aux journalistes de rapporter librement la nouvelle". La SIP exige lâabrogation des lois sur les injures, qui créent "un paravent derrière lequel le personnel politique et les fonctionnaires peuvent camoufler leurs activités illicites". De lâavis de la SIP, "la meilleure loi sur la presse, câest celle qui nâexiste pas".
Lâassociation attire lâattention sur la menace que font peser les pouvoirs judiciaires qui manquent dâindépendance et dâimpartialité. Elle ajoute que, dans de nombreux cas, lâimpunité des agressions contre les journalistes résulte de la complicité entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. La SIP exprime également son opposition à lâattribution obligatoire dâun permis aux journalistes.
Dans un autre communiqué émis le 3 mai, la SIP a réitéré sa détermination à défendre la liberté de la presse à Cuba, et elle a distribué un texte de Raúl Rivero, journaliste cubain indépendant, sur les conditions dâexistence de la presse dans lâîle. La Journée mondiale de la liberté de la presse de cette année, comme toutes celles qui lâont précédée, est passée inaperçue à Cuba, dit Rivero, qui ajoute que le journaliste Bernardo Arévalo Padron a passé le 3 mai en cellule dans une prison, où il purge une peine de six ans pour mépris criminel du président Fidel Castro et du vice-président Carlos Lage. Bien quâil nây a quâun seul journaliste en prison, dit Rivero, "la presse elle-même est morte" à Cuba. Le texte intégral de la déclaration de la SIP et les observations de Rivero sont accessibles à www.sipiapa.org.
à LA PRESSE ET ATTIRE L?ATTENTION SUR LE SORT DE LA PRESSE CUBAINE
