Au Honduras, où les meurtres de journalistes sont très rares, Germán Antonio Rivas a été abattu le 26 novembre dans le stationnement de sa station de télévision à Santa Rosa de Copán, semant la révulsion chez les membres de l'IFEX.
Le groupe Journalistes contre la corruption (Periodistas frente a la corrupción, PFC), la Société interaméricaine de la presse (SIP), Reporters sans frontières (RSF) et l'Association mondiale des journaux (AMJ) ont lancé aux autorités honduriennes un appel pour qu'elles ouvrent immédiatement une enquête sur ce meurtre ? le premier d'un journaliste hondurien en plus de 20 ans.
Rivas garait sa voiture devant les bureaux de Corporación Maya Visión-Canal 7 lorsqu'un inconnu s'est approché et a fait feu sur lui pour l'atteindre d'un projectile à la tête, rapporte PFC. Ses collègues en état de choc ont déclaré que le meurtre les terrorisait. Rivas était directeur général de Corporación Maya Visión-Canal 7.
Rivas avait survécu en février dernier à une tentative d'assassinat tandis qu'il rentrait chez lui après le travail, fait remarquer PFC (voir l'alerte de l'IFEX : http://www.ifex.org/en/content/view/full/33674/). Un inconnu avait tiré sur lui au moment où il garait sa voiture. Bien que Rivas eût demandé aux autorités une protection spéciale, la première offre n'est venue que trois mois après l'agression. Mais entre-temps il avait embauché un garde du corps.
Les autorités ont également rejeté une demande présentée par la s?ur de Rivas, Roció Tabora, de tenir une enquête en profondeur sur les circonstances de l'agression, dit PFC. Tabora est sous-ministre au bureau présidentiel. Rivas a porté plainte le 13 mars 2003 auprès du Commissaire aux droits de la personne, sans succès, indique RSF.
Les attentats pourraient avoir été reliés à deux nouveaux dossiers de la station de Rivas sur des questions controversées. L'un couvrait un désastre écologique sur le fleuve Lara ? source de toute l'eau potable de Santa Rosa de Copán ? après qu'une société, Minerales de Occidente, eut déversé du cyanure dans le fleuve et été condamnée à un million de lempira (58 000 $ US).
La violence contre la presse est rare au Honduras, dit RSF. Le cas le plus récent remonte à 2000, lorsque deux individus armés ont fait feu sur Julio Cesar Pineda, de Radio Progreso, à l'extérieur de son domicile d'El Progreso. Sa station de radio avait critiqué le gouvernement local d'avoir haussé les tarifs des transports publics. L'attaque pourrait aussi être reliée à la participation de Pineda à une commission d'enquête locale sur les liens entre la police et des criminels.
CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE
Écrire une lettre aux autorités honduriennes en utilisant les renseignements que contient l'alerte suivante de l'IFEX : http://www.ifex.org/en/content/view/full/55326/
Rester informés en consultant les sites suivants :
- Alertes et dossiers des membres de l'IFEX sur le Honduras : http://www.ifex.org/en/content/view/full/101/
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=8622
- PFC : http://www.portal-pfc.org
- C-Libre : http://probidad.org/honduras/libexp/
- SIP : http://www.sipiapa.com/pressreleases/chronologicaldetail.cfm?PressReleaseID=1042
- AMJ : http://www.wan.asso.fr
UN JOURNALISTE EST ABATTU
