RSF demande une enquête approfondie sur l'assassinat d'un journaliste
Dans une lettre adressée à Tomas Yarrington, gouverneur de l'État de Tamaulipas (nord-est), RSF a exprimé sa préccupation après l'assassinat de Pablo Pineda, du quotidien "La Opinion", publié à Matamoros, dans l'État de Tamaulipas. Dans sa lettre, Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation, considère que "l'assassinat de Pablo Pineda pourrait être lié à ses articles" et demande au gouverneur "d'user de toute [son] influence afin qu'une enquête approfondie soit menée sur le meurtre de Pablo Pineda qui permette d'établir les mobiles de cet acte." L'organisation a également prié Yarrington de bien vouloir la tenir informée des développements de cette enquête.
Le 9 avril 2000, le corps de Pineda a été retrouvé par des garde-frontières de l'État du Texas, aux États-Unis, qui avaient aperçu une embarcation déposer "un paquet suspect" sur les rives du Rio Grande vers 2h45 du matin (heure locaux). Le journaliste avait été vu pour la dernière fois au poste de police de Matamoros dans la soirée du 8 avril. Après avoir reçu un appel sur son téléphone portable il aurait informé un de ses collègues présent sur place qu'il serait bientôt de retour. D'après l'autopsie, le journaliste a reçu une balle de calibre 9 mm dans la tête et serait mort vers minuit. Pineda était reporter et photographe du quotidien "La Opinion" pour lequel il couvrait les affaires policières et criminelles de la région. Plusieurs journalistes de la région n'écartent pas l'hypothèse selon laquelle il aurait été tué pour avoir lui-même participé aux trafics qu'il dénonçait.
RSF s'est déjà inquiétée des menaces qui pèsent sur les journalistes enquêtant sur les trafics à la frontière entre le Mexique et les États-Unis et de l'impunité dont bénéficient leurs auteurs. Le 15 juillet 1997, Benjamin González Flores, directeur du quotidien "La Prensa" publié à San Luis Río Colorado, dans l'État de Sonora, avait été assassiné après avoir dénoncé le trafic de drogue organisé par le Cartel de Juarez (voir les alertes de l'IFEX du 18 décembre, 17 novembre et 16 juillet 1997). Jaime González Gutierrez, soupçonné d'être le commanditaire de ce meurtre, avait été libéré le 5 mars 1999 sans avoir été jugé.
