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Le gouvernement est déterminé à faire enquête sur les meurtres de journalistes grâce à l'IFEX-ALC

Délégation de l’IFEX-ALC à la Revue périodique universelle sur le Honduras, organisée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 4 novembre à Genève
Délégation de l’IFEX-ALC à la Revue périodique universelle sur le Honduras, organisée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 4 novembre à Genève

Rachael Kay

Les autorités honduriennes font volte-face et s'engagent à faire enquête sur les meurtres de neuf journalistes morts cette année, à la suite d'un lobbying international de l'IFEX-América Latina y el Caribe (IFEX-Amérique latine et Caraïbes, IFEX-ALC), une alliance de 17 groupes de la région membres de l'IFEX. C'est là l'un des nombreux engagements concernant la libre expression que le gouvernement a pris à la suite de la Revue périodique universelle (RPU) du Honduras, l'évaluation du dossier du pays au chapitre des droits de la personne, réalisée par les membres du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

Le soutien de l'IFEX-ALC à l'approche de la RPU et pendant la démarche a été crucial pour éveiller la sensibilité au sujet de la situation de la liberté d'expression au Honduras », a déclaré Anarella Vélez, vice-présidente du Comité por la Libre Expresión (C-Libre), qui est membre de l'IFEX, basé au Honduras.

Le classement du Honduras au chapitre de la liberté de la presse a chuté de façon abyssale depuis le coup d'État de juin 2009, qui a été suivi d'un accroissement important du nombre des mesures de censure et des violences contre les journalistes. Cette année seulement, neuf journalistes ont été tués, et pas un seul auteur de ces meurtres n'a été traduit en justice. Jusque-là, les autorités refusaient de reconnaître la très grave situation de la libre expression et reliaient les meurtres au crime organisé et à des criminels de droit commun, disent les membres de l'IFEX.

Certains officiels honduriens cependant ont salué les recommandations issues de la session de la semaine dernière, dont un grand nombre ont trait à la libre expression. Cela est attribuable en grande partie aux efforts de l'IFEX-ALC, qui a fait des démarches auprès de dizaines de délégations au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

À la suite de quoi, le gouvernement s'est engagé à donner davantage de ressources dans les enquêtes sur les homicides des journalistes et les violations des droits qui ont été commises lors du déroulement du coup d'État, en juin 2009.

Le gouvernement a réitéré en outre la nécessité pour l'ONU de créer un Bureau du Haut Commissaire aux droits de la personne au Honduras et a demandé la mise sur pied d'une « Commission internationale de lutte contre l'impunité ».

Autre point saillant lors de la présentation du Honduras, la promesse de modifier sa législation sur les télécommunications afin de la faire « concorder avec les ententes et les normes internationales relatives aux droits de la personne » - de sorte qu'elle reconnaisse les médias communautaires, par exemple. L'accès à l'information a également été réputé « partie fondamentale de l'exercice et de la jouissance de la liberté d'expression ».

« Il est important que le gouvernement du Honduras accepte les recommandations du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies. Cela démontre la volonté du gouvernement de s'attaquer à cette question. Aujourd'hui, la société civile et l'État doivent s'appliquer à renforcer le processus démocratique au Honduras. Les changements institutionnels sont nécessaires pour préserver le droit à la liberté d'expression », a déclaré Omar Rábago, du bureau d'ARTICLE 19 pour le Mexique et l'Amérique centrale.

La délégation de l'IFEX-ALC était composée de représentants de C-Libre, d'ARTICLE 19, de Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires d'Amérique latine et des Caraïbes (AMARC-ALC) et de la Fundación para la Libertad de Prensa (FLIP). Grâce au soutien du Réseau International de défense des droits de la personne, l'IFEX-ALC a été présent pendant toutes les séances de la RPU sur le Honduras, et a rencontré plus de 30 délégations. En conséquence, plus de 20 d'entre elles ont souligné la détérioration du dossier du Honduras en matière de libre expression et ont cité les recommandations de l'IFEX-ALC dans leurs interventions.

Le travail de la délégation à Genève a rehaussé les efforts de lobbying des membres de l'IFEX-ALC sur le terrain dans leurs pays respectifs, qui visent les ambassades des pays membres du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et les autorités gouvernementales pertinentes dans le dernier droit précédant la revue.

En mars prochain, le Conseil des droits de l'homme se réunira de nouveau à Genève pour adopter le rapport final. D'ici là, les membres de l'IFEX-ALC vont suivre de très près les efforts du Honduras pour se conformer aux recommandations.

« Ce fut une expérience étonnante; nous n'aurions pas pu demander un meilleur résultat. Il est à espérer que les recommandations seront mises en oeuvre et déboucheront sur des changements substantiels », a déclaré le directeur général de la FLIP, Andrés Morales.

Entre-temps, le Programme des Campagnes et de revendication de l’IFEX et a mis au point un guide sur la façon d’accéder à la RPU. Cliquer ici pour la lire
IFEX-ALC: Qui sommes-nous (anglais)
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