RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Un tribunal militaire condamne des défenseurs des droits à la prison à vie

Des musulmanes chiites ont participé la semaine dernière à un rassemblement antigouvernemental organisé par le groupe d'opposition al-Wefaq. Le gouvernement de Bahreïn affirme n'avoir traduit en justice qu'un petit nombre de ceux et celles qui ont participé aux manifestations récentes
Des musulmanes chiites ont participé la semaine dernière à un rassemblement antigouvernemental organisé par le groupe d'opposition al-Wefaq. Le gouvernement de Bahreïn affirme n'avoir traduit en justice qu'un petit nombre de ceux et celles qui ont participé aux manifestations récentes

REUTERS/Hamad I Mohammed

Huit militants et défenseurs bahreïnis des droits de la personne - dont l'ancien dirigeant du Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, (BCHR), Adbulhadi al-Khawaja, et le blogueur réputé Abduljalil al-Singace - se sont vu infliger aujourd'hui des peines de prison à vie par un tribunal militaire, qui les a trouvés coupables d'avoir comploté un coup d'État contre le gouvernement pendant les deux mois de troubles politiques du début de l'année, selon ce que rapportent le BCHR, Human Rights Watch, le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et le « Guardian ».

Treize autres protestataires ont reçu des peines d'emprisonnement variant de deux à quinze ans, résultat d'une nouvelle tentative du gouvernement pour écraser la dissidence qui fait rage dans le royaume depuis février, au beau milieu d'autres soulèvements du Printemps arabe.

La dynastie régnante à Bahreïn prétend que les hommes faisaient partie d'un « réseau séditieux » appuyé par l'Iran et le Hezbollah, et les a accusés de tenter de « renverser le régime », rapporte Human Rights Watch.

La fille d'Al-Khawaja, Zainab, qui a été arrêtée la semaine dernière pour avoir tenté d'organiser un sit-in devant le bureau de l'ONU pour protester contre la détention de son père et d'autres membres de sa famille, a été violemment expulsée de la salle du tribunal après avoir protesté contre la sentence. Selon le BCHR, elle a été inculpée d'outrage à magistrat.
Tandis qu'on procédait à la lecture des verdicts, les gens dans la salle se sont mis à scander « solidarité, solidarité, nous renverserons le régime », rapporte le « Guardian ». Des spectateurs rapportent que les agents de sécurité bahrainis se félicitaient les uns les autres à l'intérieur même du palais de justice.

Les procès ont eu lieu en dépit du fait que le gouvernement a prononcé au début de juin la fin de trois mois de loi martiale, qui avait investi les forces de sécurité exclusivement sunnites de pouvoirs extraordinaires de détention et d'arrestation.

Tant sur la scène locale qu'à travers le monde, les groupes de défense des droits ont immédiatement dénoncé les verdicts, et ont indiqué que toutes les personnes trouvées coupables avaient milité pour mettre fin à la discrimination que pratiquent les dirigeants sunnites. Presque tous les activistes qui sont descendus dans la rue à Manama en février et en mars étaient chiites, la branche de l'islam à laquelle adhèrent 70 pour 100 de la population de Bahreïn, mais qui se sentent fortement privés de leurs droits politiques, dit le « Guardian ».

Les groupes de défense des droits pressent Bahreïn de mettre fin aux poursuites spéciales devant les tribunaux militaires. « Ce tribunal n'est pas conforme aux normes internationales relatives aux droits de la personne et à la tenue de procès justes et équitables. Les gens ont été condamnés pour avoir exprimé leur opinion et pour s'être opposés au gouvernement », a déclaré le président du BCHR, Nabeel Rajab.

Human Rights Watch qualifie les procès militaires de « violation du droit international ».

Lors d'une rencontre au début du mois avec le Président des États-Unis Barack Obama, le prince héritier de Bahreïn, Salman bin Hamad al-Khalifa, a promis de rechercher un dialogue national avec les manifestants. Mais la répression contredit les promesses du prince, indiquent Human Rights Watch et le BCHR. « Les gens qui sont derrière les barreaux devraient participer à ce dialogue », fait remarquer Rajab.

Les activistes demandent aux protestataires de descendre immédiatement dans les rues de Manama, au mépris des verdicts.

Dernier Tweet :

Con la ley también se puede cercenar la libertad. En #México presentaron en el Senado iniciativa que criminaliza la… https://t.co/jZOXCb4Mvj