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Les activistes sont attaqués et arrêtés à l'anniversaire des manifestations de protestation

La police antiémeute interpelle le militant bien connu des droits de la personne Nabeel Rajab tandis qu’il se rendait au Square de la Perle le 14 février 2012, premier anniversaire du début des manifestations à Bahreïn. Il a ensuite été détenu.
La police antiémeute interpelle le militant bien connu des droits de la personne Nabeel Rajab tandis qu’il se rendait au Square de la Perle le 14 février 2012, premier anniversaire du début des manifestations à Bahreïn. Il a ensuite été détenu.

Hamad I Mohammed / REUTERS

Au premier anniversaire, mardi, du soulèvement à Bahreïn, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes et des grenades de surpression sur les manifestants qui tentaient de reprendre le square de la Perle, épicentre des manifestations de l'an dernier, et ont procédé à l'arrestation de dizaines de personnes - dont plusieurs observateurs internationaux, selon ce que rapportent le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR) et les dépêches.

Le président du BCHR, Nabeel Rajab, qui était à la tête de la manifestation qui se dirigeait vers le square, figure parmi les personnes attaquées et brièvement détenues. Après sa remise en liberté, plusieurs heures plus tard, il a mis à jour son compte Twitter en n'y inscrivant qu'un seul mot : « résistance ».

Dans un gazouillis le matin du 15 février, Rajab a déclaré avoir été « accusé par le procureur d'avoir incité les gens à protester... et d'avoir pris part à un rassemblement non autorisé. »

En prévision de cette journée, des milliers de policiers antiémeute et d'autres éléments des forces de sécurité avaient pris position autour du square et dans l'ensemble de cet État insulaire du Golfe.

La militante des droits Zainab al-Khawaja, bien connue par son nom sur Twitter @angryarabiya, a été arrêtée le 12 février tandis qu'elle se rendait au square, et sera maintenue en détention pendant sept jours, rapporte le BCHR. Le centre indique que son arrestation était « liée directement à son travail de défense des droits de la personne et de la démocratie à Bahreïn et à ses activités en ligne où elle couvre les nouvelles et les événements tandis que le gouvernement poursuit une politique de black-out des médias ».

Le BCHR a reçu de nombreux rapports d'autres blessures et d'autres arrestations, ainsi que de comptes de témoins oculaires selon lesquels des troupes saoudiennes sont déployées à Bahreïn. D'après l'AFP, les manifestants blessés évitent les hôpitaux de peur d'être arrêtés ou intimidés par les autorités.

Entre-temps, le gouvernement a annoncé avoir déporté six citoyens américains en raikson de leur participation aux « manifestations illégales », ce qui porte à huit le nombre des Américains expulsés de Bahreïn depuis la fin de la semaine dernière. Les huit déportés font tous partie de l'Initiative de témoins à Bahreïn, laquelle est arrivée à Bahreïn à la suite d'un appel des militants de la démocratie de Bahreïn pour suivre de près le traitement des manifestations dans le pays. L'agence de nouvelles de Bahreïn, contrôlée par l'État, rapporte qu'ils ont été déportés « parce qu'ils avaient demandé un visa de touriste sous de fausses représentations ».

Dans un avertissement lancé aux militants à la veille de l'anniversaire, le chef de la sécurité publique, le major général Tariq al-Hassan, a mis en garde les Bahreïnis « contre la réponse aux incitations à manifester transmises par les médias sociaux et qui appellent à des manifestations illégales ou à d'autres activités qui suscitent le désordre général ».

Hassan a ajouté dans une déclaration publiée sur le site web de l'agence de nouvelles officielle que les forces de sécurité n'hésiteraient pas à répliquer à ceux « qui insistent pour exploiter la liberté et l'atmosphère démocratique de Bahreïn pour promouvoir les comportements irresponsables, violents et illégaux ».

La loi d'urgence a été levée en juin, mais les manifestations sont devenues presque quotidiennes, ce qui a provoqué des affrontements avec les forces de sécurité qui recourent systématiquement à une force excessive pour les réprimer.

Les groupes membres de l'IFEX qui ont participé à une mission internationale en novembre dernier affirment que le Bahreïn n'a pas tenu ses promesses de réforme des droits de la personne recommandée par la Commission d'enquête indépendante de Bahreïn (Bahrain Independent Commission of Inquiry, BICI). D'après la mission, au moins 50 personnes ont été tuées pendant ces mois agités de troubles politiques sans précédent. Certains sont morts en garde à vue.

Pour assurer le suivi de leur mission, les membres et les partenaires de l'IFEX demandent la remise en liberté des défenseurs des droits de la personne qui sont en prison, notamment du fondateur du BCHR (et père de Zainab), Abdulhadi al-Khawaja, qui purge une peine d'emprisonnement à vie pour sa participation aux manifestations de l'an dernier. Al-Khawaja, qui en est au huitième jour d'une grève de la faim et qui est hospitalisé, a déclaré qu'il continuera de refuser de s'alimenter « jusqu'à ce qu'il obtienne sa liberté ou jusqu'à sa mort ».

L'un des membres de la mission, le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), demande à la Ligue arabe et à la communauté internationale, qui ont conservé jusqu'à maintenant un « silence honteux » sur la question des violations des droits à Bahreïn, de faire pression auprès des autorités bahreïnies pour qu'elles relâchent les prisonniers politiques, pour qu'elles « mettent fin à la violence dirigée contre des manifestants non violents, et pour qu'elles répondent aux aspirations légitimes de la population, qui appelle de ses vœux une réforme démocratique ».

D'autres membres de l'IFEX ont invité Bahreïn à lever toutes les restrictions de déplacement imposées aux journalistes étrangers et aux organisations internationales de défense des droits de la personne. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et Index on Censorship, Bahreïn a rejeté les demandes de visa d'entrée d'au moins six journalistes en prévision de l'anniversaire. Le CPJ affirme que les journalistes se sont fait dire que les refuts étaient attribuables au « fort volume des demandes », mais qu'ils étaient invités à postuler de nouveau après février.

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