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La junte militaire traque les informateurs des médias internationaux

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières et la Burma Media Association sont extrêmement inquiètes de la campagne lancée par le régime militaire pour traquer les informateurs en Birmanie des médias internationaux. Des militaires ont ainsi été entraînés pour débusquer les sources des radios internationales en birman et de nouvelles installations d'écoutes téléphoniques ont été installées dans le pays.

"La paranoïa et la violence des militaires birmans, et plus particulièrement du chef de la junte Than Shwe, risquent d'avoir des conséquences dramatiques pour les Birmans qui osent donner des informations aux journalistes basés à l'étranger. Alors même que les radios internationales sont souvent les seules sources d'informations indépendantes pour des millions de Birmans, il serait très dommageable que la population ait peur de leur parler", ont déclaré les deux organisations.

Reporters sans frontières et la Burma Media Association ont collecté des informations sur une récente série de mesures prises par les hauts dirigeants du SPDC pour former au sein de la Force de sécurité militaire (Sa Ya Hpa, remplaçant les services secrets militaires) des agents capables d'identifier et d'appréhender les informateurs des médias étrangers.

Plusieurs hommes d'affaires, journalistes et fonctionnaires ont récemment été interrogés par des hommes de la Force de sécurité militaire sur leur implication dans la divulgation d'informations à des radios en birman. Lors des interrogatoires, les militaires disposaient d'enregistrements de stations telles que Radio Free Asia et essayaient de faire avouer à ces personnes qu'ils avaient parlé avec des journalistes à l'étranger. A plusieurs reprises, des militaires ont examiné leurs téléphones portables.

Le lieutenant-général Myint Swe, commandant de la division militaire de Rangoon et chef de la Defence Services Intelligence, a récemment organisé une formation sur la manière d'identifier les Birmans qui donnent des informations aux médias étrangers ou birmans en exil. D'anciens officiers des services secrets militaires (Military Intelligence, MI) ont ainsi enseigné à des officiers de la Force de la sécurité militaire les méthodes pour démasquer les sources des journalistes. Selon l'Independent Mon News Agency, le formateur aurait été le capitaine Aung Kyaw Kyaw, ancien responsable du MI dans l'Etat Mon. Il y était connu pour avoir menacé de mort ceux qui passent des informations à l'étranger.

Par ailleurs, un groupe de journalistes birmans et de correspondants birmans de la presse étrangère à Rangoon a été convoqué par le ministère de l'Information. Il leur a été demandé de répondre aux attaques dirigées par les médias étrangers. Les officiels ont demandé à certains journalistes de fournir une liste de leurs contacts. Les services du ministère ont également organisé pour des fonctionnaires des séminaires de formation sur les réponses à donner à la "propagande étrangère". Des civils auraient également été formés pour identifier les "informateurs".

Plusieurs journalistes en exil ont confirmé à Reporters sans frontières et à la Burma Media Association que les autorités prennent souvent des sanctions contre leurs interlocuteurs. "Il est fréquent que les personnes qui nous parlent aient leurs lignes de téléphone coupées", a expliqué un reporter. Par ailleurs, le gouvernement vient d'installer deux nouveaux centres d'écoutes des téléphones portables à Mandalay (Centre). Dans les régions frontalières avec la Thaïlande, la Force de sécurité militaire a renforcé le contrôle des communications. A Moulmein (Etat Mon, Sud), deux personnes ont été arrêtées pour avoir reçu sur leurs cellulaires des appels internationaux "suspects".

Cette chasse aux informateurs intervient alors que le magazine en exil "Irrawaddy" a révélé que la junte militaire craint une invasion militaire par les Etats-Unis. Selon le document cité par le magazine, un commandant militaire aurait suggéré d'éliminer les membres de la Ligue nationale pour la démocratie en cas d'attaque nord-américaine.

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