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La cyberdissidente Govruud Huuchinhuu régulièrement passée à tabac ; l'avocat Gao Zhisheng toujours porté disparu

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est choquée d'apprendre que la militante des droits de l'homme et cyberdissidente Govruud Huuchinhuu, est régulièrement passée à tabac par la police de Tongliao. Aucune nouvelle de l'écrivain n'avait été donnée depuis le 27 janvier 2011, date de sa sortie de l'hôpital de Tongliao en Mongolie intérieure, où elle était soignée pour un cancer.

"Nous demandons que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Les auteurs de ces violences doivent être punis et Govruud Huuchinhuu doit bénéficier d'une vraie libération. Nous demandons également que le gouvernement mettent fin aux disparitions forcées et assignations en résidence surveillée contre des personnes qu'il déclare avoir libéré", a déclaré Reporters sans frontières.

Le Southern Mongolian Human Rights Information Center (SMHRIC) a reçu plusieurs documents, dont des photos, datées du 20 au 30 juillet 2011, prouvant que la cyberdissidente a été violentée à plusieurs reprises par des policiers. Elle serait actuellement en résidence surveillée à Tongliao.

Huuchinhuu a publié plusieurs essais critiquant la politique ethnique des autorités chinoises en Mongolie intérieure. L'écrivain et militante des droits de l'homme était aussi très active sur Internet, où elle administrait notamment trois sites ( http://www.nutuge.com , http://www.ehoron.com , http://www.mongolger.net ), désormais fermés par le gouvernement.

Les disparitions forcées et les mauvais traitements par les autorités sont devenues monnaie courante en Chine. Récemment, Geng He, l'épouse de Gao Zhisheng, célèbre avocat des droits de l'homme disparu en avril 2010, a rappelé que s'il "(avait) servi le peuple de tout son coeur" il était désormais, en conséquence, "opprimé et brutalement persécuté par les autorités communistes chinoises".

Dans un discours prononcé le 21 septembre 2011, au Sommet mondial contre la discrimination et la persécution (Global Summit Against Discrimination and Persecution), elle revient sur un des enlèvements de son mari, en septembre 2007 : "Lorsque Gao a été enlevé, le 21 septembre 2007, il a été victime d'actes de torture cruels et choquants, commis par la police communiste chinoise. Six à sept policiers ont couvert sa tête d'une cagoule noire et l'ont emmené dans une salle, où il a été déshabillé et battu avec acharnement. Immédiatement après le passage à tabac, quatre policiers ont utilisé des bâtons électriques pour lui asséner des chocs sur tout le corps, plus précisément sur les parties intimes. Gao tremblait, et se tordait de douleur atroce, il transpirait abondamment. Les chocs répétés ont continué pendant plusieurs heures. Gao s'est évanoui à de nombreuses reprises, et était sur le point de mourir. (. . .) Il a alors essayé de se suicider pour mettre fin à la douleur. Il a été gravement blessé aux yeux et à la tête. Le sang couvrait son visage. Gao a demandé à la police à retourner en prison, mais les policiers lui ont répondu : "Vous rêvez tout simplement si vous pensez pouvoir aller en prison. Nous pouvons vous faire disparaître quand nous le voulons."

En 2006, Gao Zhisheng avait été condamné à trois ans de prison, assortis d'une période probatoire de cinq ans et d'un an de privation de droits. Sa femme affirme que pendant cette période probatoire, qui aurait dû prendre fin le 14 août dernier, l'avocat a disparu plus de six fois. En 2009, Geng He et ses enfants ont du fuir le pays. Lors de son discours, elle a appelé la communauté internationale et les médias à faire pression sur la Chine pour la libération de son mari et à faire des droits de l'homme une priorité.

En Chine, un projet de loi propose de rendre les disparitions forcées légales. Le texte prévoit "d'emprisonner dans un endroit secret quiconque (. . .) entraverait une enquête. Les familles des suspects devraient être informées de leur disparition dans les 24 heures - à moins que cela ne nuise à l'enquête sur des crimes impliquant la sécurité nationale ou le terrorisme."

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