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Selon des témoins de la mort des cinq journalistes de Balibo, les forces indonésiennes ont maquillé le meurtre

(RSF/IFEX) - Au cours des audiences des 9 et 12 février 2007, des témoins ont apporté de nouveaux détails sur les circonstances de la mort de Brian Peters et des quatre autres reporters tués en 1975 au Timor.

Le 9 février, un ancien combattant du Fretilin, âgé de 16 ans au moment des faits, a confirmé qu'il n'y avait plus de combats quand l'armée indonésienne est entrée dans Balibo. Après moins d'une heure d'échanges de feu, les Timorais avaient battu en retraite. Avant de quitter sa position, il a pu voir deux reporters, dont Brian Peters, aller vers eux pour prendre des images de l'offensive, et notamment du bateau de guerre qui avait bombardé la localité. En venant témoigner, l'ancien rebelle dit faire son devoir pour les "martyrs" du Timor, morts sur le sol de son pays. Un autre combattant du Fretilin a confirmé ce déroulement de l'offensive indonésienne.

Le 12 février, le colonel Subico, ancien officier des Fretilin, a confirmé que les journalistes n'avaient jamais participé à des opérations armées, ni utilisé le poste radio de la guérilla. Il a expliqué avoir demandé aux reporters, tôt dans la matinée, de quitter le village devant l'avancée des troupes indonésiennes. Ils auraient refusé car ils attendaient le retour de deux d'entre eux, notamment Brian Peters, qui s'étaient dirigés vers un fort pour tourner des images de l'attaque indonésienne. A 7 heures 30 (heure locale), il n'y avait plus aucun membre du Fretilin dans le centre de la localité. Après avoir rappelé que les images prises par les reporters auraient montré au monde que l'Indonésie envahissait le Timor, l'ancien officier rebelle a nié qu'ils aient pu être tués lors d'un échange de tirs.

Le même jour, le témoin "P1", ancien aide de camp du colonel indonésien Dading Kalbuadi, a expliqué qu'il était présent à Balibo, le jour du quintuple meurtre, de 16 heures à 19 heures. Il affirme avoir vu les corps dans une maison. Selon lui, on leur avait passé des uniformes de l'armée portugaise et des mitraillettes hors d'usage avaient été disposées prés d'eux. L'ancien militaire indonésien assure avoir vu, au cours de la semaine suivante, un soldat indonésien avec un appareil de photographie d'une marque occidentale, et un autre avec une montre occidentale. Selon lui, de nombreux soldats se sont par la suite vantés d'avoir tué l'un des reporters, espérant ainsi de l'avancement.

Enfin, le témoin "G7", agent du Fretilin infiltré dans l'armée indonésienne, a expliqué que trois jours après les faits, il a été envoyé avec d'autres soldats et miliciens "nettoyer" la maison où ont été tués les reporters. Un officier leur a ordonné de brûler une seconde fois les corps et de faire disparaître les restes. Le témoin a éclaté en sanglot après avoir donné les détails de ce travail macabre.

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