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Les autorités australiennes auraient menti et détruit des preuves sur le crime prémédité de l'armée indonésienne

(RSF/IFEX) - Les onzième et douzième jours d'audience sur le meurtre des cinq journalistes de Balibo a marqué un tournant important dans la progression de l'enquête. Les témoignages de plusieurs anciens membres des services secrets et de renseignements australiens, notamment George Brownbill et Ian Cunliffe, ont montré que des ministres australiens étaient en possession de rapports qui prouvaient que le quintuple crime avait été prémédité par l'armée indonésienne. Selon ces nouveaux témoignages, les autorités de Canberra auraient menti à l'époque des faits, niant la responsabilité directe de Jakarta dans ces crimes.

Reporters sans frontières salue le travail exceptionnel de la cour de Glebe. "L'enquête ne doit en aucun cas être entravée. Il est aujourd'hui essential que les plus hauts responsables des Etats australien et indonésien de l'époque soient appelés à la barre pour répondre des accusations portées contre eux", a affirmé l'organisation.

Audience du 22 février 2007

En mars 1977, George Brownbill et Ian Cunliffe, interdits jusqu'à présent de témoigner dans cette affaire, se sont rendus pour une visite d'inspection au Defence Signal Directorate (DSD, services d'écoutes australiens), à Shoal Bay. Un employé, dont le nom n'a jamais été rendu public, leur a fait lire la retranscription d'une conversation radio entre un officier indonésien et son supérieur, enregistrée après les événements de Balibo. A cette époque, les conversations radio de l'armée indonésienne étaient interceptées par l'Australie depuis la base de Shoal Bay.

Selon George Brownbill et Ian Cunliffe, l'officier indonésien affirmait: "Sur vos instructions, nous avons localisé et tué les cinq journalistes. Nous attendons à présent vos instructions pour savoir ce que nous devons faire des corps, ainsi que des effets personnels des journalistes."

Selon Ian Cunliffe, ce document prouve que ce crime avait été prémédité et que le gouvernement australien de l'époque a menti lorsqu'il a démenti publiquement l'implication de l'armée indonésienne.

Mais cette pièce à conviction, ainsi que d'autres dossiers, ont mystérieusement disparu en 1984 lors du déménagement des bureaux du service de renseignements intérieurs australiens (ASIO) de Melbourne à Canberra.

Audience du 23 février

Lors du douzième jour d'audience, Gary Lintworth, ancien analyste des services secrets, a accusé l'ancien chef-adjoint de l'Office of Current Intelligence (OCI), John Bennets, d'avoir ordonné la destruction de documents prouvant que l'Australie était au courant, dès le lendemain des événements, du caractère prémédité du quintuple assassinat. Gary Lintworth a expliqué avoir écrit un mémo confirmant, sur la base des interceptions radio, que les journalistes avaient été tués à Balibo. Mais John Bennets a immédiatement ordonné la destruction de cette note. "Je n'avais jamais vu une telle décision. (. . .) Il fallait préserver à tout prix les bonnes relations avec l'Indonésie", a précisé l'ancien fonctionnaire au juge.

Les témoignages sont accablants pour l'ancien Premier ministre travailliste Gough Whitlam et deux anciens ministres qui auraient été informés de l'implication indonésienne dans ces assassinats. A l'époque, le gouvernement avait nié avoir cette hypothèse et ne s'était pas opposé à l'invasion indonésienne du Timor oriental. "J'ai participé à la préparation de trios rapports sur la mort des journalistes et ils ont été transmis aux cabinets du Premier ministre, du ministre des Affaires étrangères et de la Défense. (. . .) Il s'agissait d'informations très sensibles, et je présume qu'elles leur ont été transmises", a précisé Rowen Osborn, ancien responsable de l'OCI.

"Les Cinq de Balibo" étaient un groupe de journalistes travaillant pour deux chaînes de télévision australiennes, en reportage dans la ville frontalière de Balibo, au Timor oriental. Ils ont été tués le 16 octobre 1975 par des paramilitaires timorais et des soldats indonésiens qui préparaient l'invasion du pays. Le groupe comptait le reporter australien Greg Shackelton, l'ingénieur du son australien Tony Stewart, le cameraman néo-zélandais Gary Cunningham, le cameraman britannique Brian Peters et le reporter britannique Malcolm Rennie.

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