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Une mutinerie de la police mène à la censure et à des journalistes blessés

Le Président de l’Équateur Rafael Correa est attaqué aux gaz lacrymogènes par des policiers rebelles rendus furieux à cause d’une nouvelle loi qui rogne leurs avantages sociaux
Le Président de l’Équateur Rafael Correa est attaqué aux gaz lacrymogènes par des policiers rebelles rendus furieux à cause d’une nouvelle loi qui rogne leurs avantages sociaux

Momento24.com

Tandis que des centaines de soldats et de policiers en Équateur s'emparaient des casernes de policiers et installaient des barrages routiers à travers le pays le 30 septembre pour protester contre les réductions de leurs avantages sociaux, les autorités ordonnaient aux stations locales de radio et de télévision de diffuser les bulletins de nouvelles de l'État, selon ce que rapportent la Fondation andine pour l'observation et l'étude des médias (FUNDAMEDIOS), la Société interaméricaine de la presse (SIP), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). Au moins 20 journalistes ont été blessés dans l'échauffourée.

Après avoir accusé les policiers rebelles de tentative de coup d'État, le Président de l'Équateur Rafael Correa a proclamé l'état d'urgence et ordonné aux stations de télévision et de radio d'interrompre leur programmation et de retransmettre les émissions de Ecuador TV, une chaîne qui appartient à l'État.

Cela signifie qu'à un moment critique, les citoyens ne pouvaient plus recevoir d'information équilibrée en provenance de quelque média indépendant, a déclaré au CPJ Freddy Barros, rédacteur en chef de la station de télévision Ecuavisa.

En réaction, des agents rebelles ont bloqué les aéroports et les routes, occupé l'Assemblée nationale, isolé le Président et envahi les bureaux de Ecuador TV, indiquent les dépêches locales. Un groupe de personnes s'est également rassemblé devant Ecuador TV pour protester contre l'ordre du gouvernement, dit le CPJ.

D'après FUNDAMEDIOS, qui est membre par intérim de l'IFEX, au moins 22 reporters et photojournalistes ont été attaqués, menacés ou harcelés tandis qu'ils couvraient la révolte de la police. Il y avait parmi eux des reporters internationaux de l'Agence France-Presse et de la station de télévision par satellite d'Amérique latine Telesur. Des officiers ont lancé des gaz lacrymogènes et tabassé des reporters, et brûlé et confisqué illégalement de l'équipement des journalistes, indique FUNDAMEDIOS.

« Nous sommes vivement préoccupés par la violence déchaînée contre les journalistes qui couvraient ces troubles, et nous invitons les autorités à traduire en justice les responsables de ces événements », a déclaré le CPJ. « Nous sommes également alarmés devant le recours aux pouvoirs d'urgence par le gouvernement pour ordonner aux radiodiffuseurs de ne retransmettre que la programmation de la chaîne d'État. On a ainsi privé le public du choix d'une couverture de nouvelles à un moment critique. »

Le Président lui-même a été atteint par des bonbonnes de gaz lacrymogènes et par des bouteilles d'eau lorsqu'il a tenté de s'adresser aux policiers dans leurs casernes à Quito, selon ce que rapporte le CPJ. On l'a transporté à l'hôpital, mais des grévistes devant l'établissement l'ont empêché pendant 11 heures d'en sortir, toujours selon les dépêches locales. De nombreux journalistes, dont un correspondant de RSF, se sont vu refuser l'entrée à l'hôpital. Des soldats ont finalement fait irruption dans l'hôpital et ont permis à Correa de rentrer au palais présidentiel.

Toute l'affaire a été déclenchée mercredi dernier par un vote du congrès qui a réduit les avantages sociaux des policiers et des forces armées. Correa s'est juré de châtier les responsables de cette rébellion. Les dépêches indiquent que deux personnes ont perdu la vie pendant cette révolte.

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