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L'hypocrisie de Correa s'étale devant tout le monde au milieu de l'assaut donné sur les médias

Peu après qu'un tribunal provincial de Guayas, en Équateur, eut maintenu une amende ruineuse de 40 millions $US et des peines de trois ans de prison contre trois directeurs et un rédacteur du journal « El Universo », le Président Rafael Correa a insulté ses critiques dans un discours prononcé à l'Université Columbia de New York, selon ce que rapportent la Fondation andine pour l'Observation et l'étude des médias (FUNDAMEDIOS), la Société interaméricaine de la presse (SIP), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Lorsque l'expert des Amériques du CPJ, Carlos Lauria, a attesté, pendant la période de questions, que les tribunaux équatoriens emprisonnent les journalistes sur les ordres de Correa, celui-ci a répondu de la manière suivante : « Monsieur, vous mentez et vous êtes un menteur. »

En prévision de l'événement à Columbia, le président de la SIP Gonzalo Marroquín avait fait parvenir une lettre au président et aux enseignants de l'Université Columbia, dans laquelle il décrivait le contexte de l'environnement de la libre expression en Équateur, afin de susciter le débat pendant le discours. Au sujet de l'affaire du journal « El Universo » et « d'autres poursuites de plusieurs millions de dollars intentées contre des journalistes et des écrivains », Marroquín indique que Correa accuse les journalistes d'être « corrompus, antidémocratiques et en faveur d'un coup d'État ».

Les affaires contre les directeurs d'« El Universo », Carlos, César et Nicolás Pérez et l'ancien rédacteur Emilio Palacio découlent d'une chronique que Palacio a publiée, dans laquelle il critiquait la réponse de Correa à une grève de la police, pendant laquelle il a demandé à l'armée d'ouvrir le feu sur un hôpital où se déroulait une confrontation entre la police et Correa, même s'il y avait des patients dans l'hôpital.

La procédure judiciaire lors des premier et deuxième procès a été entachée par des irrégularités, de fréquents reports afin de répondre aux besoins de Correa, le blocage de la presse indépendante et un total de 13 juges qui ont participé aux deux procès, rapporte FUNDAMEDIOS. Depuis le jugement, César Pérez dit que lui et les siens vont poursuivre leur combat judiciaire. (En août, Palacio s'est enfui à Miami, disant qu'il ne pouvait avoir de procès équitable en Équateur. D'après le « Miami Herald », il continue à écrire en exil.)

Bien qu'elle soit abolie dans la plupart des pays, la diffamation pénale est utilisée fréquemment en Équateur pour faire taire les détracteurs, surtout les critiques du Président. Entre autres outils utilisés contre la presse, on compte le harcèlement verbal, la suspension de permis et les amendes pour de présumées infractions techniques. FUNDAMEDIOS rapporte qu'en août, le permis d'exploitation de la station de télévision « Telesangay », qui appartient à un membre d'un parti d'opposition, a été suspendu. Début septembre, sept stations de radio ont été frappées d'une amende parce qu'elles auraient omis d'informer le Surintendant des Télécommunications qu'elles allaient diffuser simultanément la même émission - ironiquement, une émission sur la liberté d'expression, selon ce que rapporte FUNDAMEDIOS.

« Vous ne pouvez continuer d'espérer créer un nouvel ordre pluraliste…tout en continuant en même temps à réagir d'une manière aussi extrême et aussi intransigeante à la moindre critique contre vous dans les médias. Une révolution ou une guerre avec les médias - vous avez le choix », écrit le secrétaire général de RSF, Jean-François Julliard, dans sa lettre à Correa.

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"The same government that lied to the world, claiming for weeks that it had no knowledge of #Khashoggi's fate, expe… https://t.co/XzdjurVELz