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Une journaliste de la chaîne publique Eri-TV conduite de force dans un camp militaire

(RSF/IFEX) - Fathia Khaled, animatrice du service en arabe de la chaîne publique Eri-TV, a été arrêtée courant juin 2007 et transférée dans l'un des centres de détention du pays, a appris Reporters sans frontières auprès de plusieurs sources érythréennes. Selon l'une d'elles, la journaliste pourrait avoir été conduite dans le camp militaire de Sawa (Nord-Ouest), après avoir été en contact avec une ou plusieurs personnes ayant fui le pays à pied, vers le Soudan.

"Le ministère de l'Information, siège des seuls médias autorisés, est devenu une zone à hauts risques, où se déroule une sinistre loterie. Jusqu'à quand ajouterons-nous des noms de prisonniers à la liste des victimes du gouvernement d'Issaias Afeworki? A cause de l'indifférence du monde, nous en sommes réduits à assister, révoltés et démunis, à la traque des journalistes qui n'ont pas pu fuir le régime de terreur qui règne à Asmara", a déclaré Reporters sans frontières.

Fathia Khaled faisait partie des neuf journalistes des médias publics raflés sur leur lieu de travail, à partir du 12 novembre 2006, par les forces de sécurité érythréennes, et maintenus en détention au secret pendant plusieurs semaines (veuillez consulter les alertes de l'IFEX du 1er décembre et 22 novembre 2006). D'abord incarcérés à "Agip", un centre géré par la police et situé près de la présidence, ils ont été transférés ensuite dans la prison souterraine du commissariat de police n°5, où ils ont été battus jusqu'à ce qu'ils livrent les mots de passe de leur courrier électronique. Après leur libération sous caution, ils ont été suivis et leurs téléphones placés sur écoutes. Ils ont été contraints de retourner à leur travail et interdiction formelle leur était faite de quitter la ville d'Asmara. Les services de sécurité les ont prévenus que la première incartade serait punie d'une incarcération indéfinie et immédiate.

Tous avaient été arrêtés suite aux défections de plusieurs journalistes célèbres des médias publics, qui avaient singulièrement irrité le gouvernement. Les autorités avaient arrêté leurs confrères parce qu'ils étaient suspectés d'être restés en contact avec les fugitifs ou de chercher à fuir eux-mêmes.

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