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L'un des "prisonniers de novembre 2006" a trouvé la mort alors qu'il tentait de fuir vers le Soudan

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est profondément attristée par le décès de Paulos Kidane, journaliste du service en amharique de la chaîne publique érythréenne Eri-TV et de la station publique Dimtsi Hafash (Voice of the Broad Masses), mort en juin 2007 alors qu'il tentait de fuir à pied vers le Soudan.

"Reporters sans frontières se joint au deuil de sa famille et de ses amis et partage leur douleur dans cette épreuve tragique. Les mensonges du ministère de l'Information ne pourront pas masquer le fait que Paulos Kidane est l'une des nombreuses victimes d'un régime tyrannique et cruel. Sa mort devrait susciter une vague d'indignation de la part d'une communauté internationale jusque-là apathique, qui doit demander des comptes au président Issaias Afeworki", a déclaré l'organisation.

Au début du mois de juin 2007, Paulos Kidane avait pris, à pied, le chemin de la frontière soudanaise en compagnie d'un groupe de sept autres Erythréens. Après six jours de marche, le journaliste, épuisé et souffrant d'épilepsie, avait dû laisser partir ses compagnons à quelques kilomètres de la frontière. Il avait été laissé dans un village, espérant retrouver des forces pour pouvoir continuer sa route. Aucune information sur son sort n'avait été obtenue pendant quelques semaines, jusqu'à ce que le ministère de l'Information érythréen annonce à sa famille et au personnel des médias publics, fin juin, son "décès accidentel".

Reporters sans frontières est en possession du parcours de Paulos Kidane et ses compagnons, notamment de la date de son départ et de l'arrivée au Soudan du groupe qui l'accompagnait, ainsi que de leur itinéraire précis. L'organisation a choisi de ne pas le divulguer, pour des raisons de sécurité.

Paulos Kidane faisait partie des neuf employés des médias publics arrêtés à partir du 12 novembre 2006, suite aux défections de plusieurs journalistes célèbres. Les autorités les avaient arrêtés parce qu'ils étaient suspectés d'être restés en contact avec les fugitifs ou de chercher à fuir eux-mêmes. Selon le récit qu'il avait fait après sa libération à Reporters sans frontières, Paulos Kidane et ses confrères avaient été "battus et torturés en prison, après avoir refusé de divulguer les mots de passe de [leurs] adresses électroniques". "Finalement, nous avons craqué parce que la douleur était trop forte", avait-il ajouté.

Libéré sous caution un mois plus tard, le journaliste avait expliqué qu'il avait d'abord été incarcéré à "Agip", un centre géré par la police et situé près de la présidence, puis transféré dans la prison souterraine du commissariat de police n°5. Après leur libération sous caution, les "prisonniers de novembre" avaient été suivis et leurs téléphones placés sur écoutes. Ils avaient été contraints de retourner à leur travail et interdiction formelle leur était faite de quitter la ville d'Asmara. "Le gouvernement nous a clairement dit que les portes de la prison s'ouvriraient encore pour nous si nous ne retournions pas au travail dans la semaine qui suivait, même si le salaire du mois que nous avions passé entre leurs mains ne nous a jamais été payé", avait ajouté Paulos Kidane.

Avant le "black-out" de septembre 2001 et la disparition de la presse privée, Paulos Kidane avait été le rédacteur en chef sports de l'hebdomadaire "Admas" et avait collaboré à l'hebdomadaire "Keste Debena". Il était l'une des plumes les plus populaires du pays et avait couvert les Coupes du monde et d'Europe de football. Après 2001, comme il était né en Ethiopie, il avait rejoint le service en amharique des médias publics. L'un de ses amis le décrit comme "un homme humble, sans ambition démesurée, connu pour ses blagues et son rire sonore".

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