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Des foules ciblent des journalistes et la Turquie prononce des peines de prison pour 28 universitaires

De bonnes nouvelles d'Azerbaïdjan, la violence anti-LGBTI + en Tchétchénie, le procès d'un membre de l'IFEX en Turquie, des journalistes pris pour cibles par des manifestants de toute l'Europe, des condamnations douteuses au Tadjikistan et au Monténégro, les manifestants demandant la protection de la presse indépendante en Serbie et en Hongrie…

Des manifestants portent une banderole avec les portraits de prisonniers politiques azerbaïdjanais lors d'une manifestation pour la liberté de la presse à Berlin, en Allemagne, le 21 janvier 2015
Des manifestants portent une banderole avec les portraits de prisonniers politiques azerbaïdjanais lors d'une manifestation pour la liberté de la presse à Berlin, en Allemagne, le 21 janvier 2015

Maurizio Gambarini/picture alliance via Getty Images

Ceci est une traduction de l'article original.


Bonnes nouvelles de l'Azerbaïdjan

Fait inhabituel, il y a eu deux bonnes nouvelles concernant l'Azerbaïdjan en janvier. La première d'entre elles a été l'abandon des poursuites politiquement motivées pour agression engagées contre le membre de l'IFEX emprisonné Mehman Huseynov. Cela faisait suite à une vague d'indignation nationale et internationale, des protestations des membres de l'IFEX et des institutions européennes, des manifestations dans les rues de Bakou et des grèves de la faim en prison. Huseynov, qui a été incarcéré pour des accusations de diffamation fallacieuses en 2017, doit être libéré en mars. Après que les charges retenues contre lui aient été abandonnées, l'Institut pour la liberté et la sécurité des reporters (IRFS) - dont Huseynov est le président - a rappelé qu'il y avait beaucoup d'autres prisonniers politiques dans les prisons azerbaïdjanaises.

Le journaliste Afgan Mukhtarli est l'un de ces prisonniers politiques. Il a été kidnappé en Géorgie en 2017 et transporté à Bakou, où il a été condamné pour de fausses accusations et condamné à une peine de six ans d'emprisonnement. Ce mois-ci, Index on Censorship a renouvelé son appel à sa libération.

La deuxième bonne nouvelle de janvier était un jugement de la Cour européenne des droits de l'homme selon lequel l'Azerbaïdjan avait violé les droits de la journaliste Khadija Ismayilova à la vie privée et à la liberté d'expression dans le cadre de son enquête pénale entachée d'une campagne de diffamation à son encontre. Une partie de cette campagne de diffamation impliquait l'installation de caméras cachées chez elle et la publication en ligne d'une vidéo intime d'Ismayilova et de son petit ami. L'Azerbaïdjan a été condamné à lui payer 15 000 euros [17 100 $US] de dommages et intérêts.


Des manifestants ciblent la presse

En France, les manifestations des Gilets jaunes se sont poursuivies en janvier. Des individus et des groupes des deux côtés du spectre politique ont rejoint ces manifestations tentaculaires, parfois violentes. Les violences ont été dirigées contre la police, la presse et également entre eux (comme le montre cette vidéo d'un groupe de gilets jaunes d'extrême droite attaquant un groupe de gilets jaunes d’extrême gauche). Ce mois, une attaque contre des journalistes par une foule lors d'une manifestation à Rouen a été particulièrement choquante.

VIDÉO @ paris_normandie. Une équipe de journalistes de la chaîne @LCI ciblée par des manifestants a #Rouen. Les deux journalistes étaient accompagnés de deux agents de sécurité, dont l’un a dû être transportés à l'hôpital. Suivez notre directe sur les…

Les organisations de journalistes français avaient exprimé leur indignation face à ces attaques contre la presse. Reporters sans frontières et d'autres groupes de presse nationaux avaient lancé une pétition appelant à la fin des violences contre les journalistes (à la fois de la part des Gilets jaunes et de la police anti-émeute): "Les citoyens ont le droit de manifester, les journalistes celui d'informer!"

Au Royaume-Uni, des journalistes et des hommes politiques ont été victimes d'abus et d'intimidation de la part de groupes d'extrême droite qui se sont auto-proclamés du mouvement pro-Brexit. Des menaces de mort et de viol ont été proférées, début janvier, aux femmes travaillant dans les médias par ces groupes devant le Parlement. La journaliste Dawn Foster était l'une des cibles. C'est gentil de la part de la police de juste faire la figuration pendant qu'un groupe d'hommes hurlaient sans cesse qu'ils espéraient qu'Anna Soubry, Kay Burley et moi-même seraient violés analement avec une perche portant un drapeau de l'UE. Les pères de plusieurs personnes ont bien pris le divorce.

Le chroniqueur Owen Jones est le destinataire fréquent des menaces et abus. Il a été pris pour cible en public à au moins deux reprises en janvier, toujours par des groupes d'extrême droite pro-Brexit. Ainsi, après avoir parlé au rassemblement du jour de @pplsassembly, j'ai été assailli par des fascistes qui essayaient de me donner des coups de poing et qui m'ont craché dans le cou (je sais bien, dégoutant, bande de fascistes!). Merci aux camarades qui les ont tenus à distance. Encore une fois, pas intimidés par ces énergumènes, nous allons vous battre.

En Italie, les néo-fascistes ont attaqué les journalistes Federico Marconi et Paolo Marchetti alors qu'ils couvraient un événement organisé à Rome au début du mois par deux groupes néo-fascistes, Avanguardia Nazionale et Forza Nuova. Depuis que le gouvernement populiste anti-immigrés a été installé en juin 2017, il y a eu une augmentation du nombre d'attaques contre des journalistes.

Le 20 janvier en Grèce, divers journalistes ont été agressés par des membres de l'extrême droite Golden Dawn. Ils couvraient une manifestation à Athènes contre un accord de changement de nom avec l'ancienne République yougoslave de Macédoine; le parlement grec a voté pour la reconnaissance de la République de Macédoine du Nord.


28 universitaires pour la paix condamnés à des peines de prison

En Turquie, la persécution des journalistes et des militants se poursuit. Pour un aperçu complet de toutes les actualités en rapport avec cela, veuillez consulter les mises à jour régulières fournies par Bianet, le Comité pour la protection des journalistes, la Plateforme pour le journalisme indépendant (plus Expression Interrupted) et l'Initiative pour la liberté d'expression - section de Turquie.

Les mises à jour suivantes intéresseront particulièrement les membres de l'IFEX:

La journaliste Pelin Ünker a été reconnue coupable le 8 janvier d'« insulte à un fonctionnaire public » et de « diffamation » à la suite de ses reportages sur les fuites dites « Paradise Papers » dans le quotidien Cumhuriyet. L'affaire a été portée en justice par des avocats représentant l'ancien Premier ministre Binali Yıldırım et ses fils, dont les activités commerciales secrètes ont été révélées par Ünker. Elle a été condamnée à un an, un mois et 15 jours de prison.

Le procès d'Erol Önderoğlu, membre de l'IFEX et représentant de Reporters sans frontières en Turquie, a repris le 28 janvier. Il est accusé de « propagande terroriste » pour un acte de solidarité en 2016 avec le journal kurde Özgür Gündem (dans lequel il a agi en tant que co-rédacteur en chef du journal). La prochaine audience aura lieu le 27 février.

Vingt-huit « Universitaires pour la paix » ont été condamnés à des peines de prison entre la mi-décembre 2018 et le 24 janvier 2019. Tous ont été reconnus coupables de « propagande terroriste » et la grande majorité d'entre eux ont vu leur peine suspendue. Trois universitaires devront cependant passer entre deux ans, un mois et trois ans en prison. Les 28 personnes figurent parmi les 1 128 signataires qui ont ajouté leurs noms à une pétition de paix en janvier 2016 appelant à la fin des violences dirigées contre les Kurdes dans le sud-est de la Turquie et condamnant le non-respect de la loi par le gouvernement turc.

Le dirigeant de la société civile, Mehmet Osman Kavala, est en prison depuis plus d'un an, bien qu'aucune charge n'ait encore été retenue contre lui. En janvier, Dunja Mijatovic, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, a soumis un avis dans l'affaire engagée par Kavala contre le gouvernement turc devant la Cour européenne des droits de l'homme. Elle a souligné l'utilisation de longue date des procédures pénales par la Turquie pour punir des activités protégées par les normes internationales des droits humains et a rappelé que les détentions faisaient partie d'un « schéma plus général de représailles croissantes en Turquie contre des militants de la société civile et des défenseurs des droits humains à cause de leur travail légitime ».


Focus sur le genre

Il a été signalé en janvier que des personnes LGBTQI + étaient à nouveau arrêtées et torturées par les autorités en Tchétchénie: deux personnes seraient décédées des suites de tortures infligées par la police et jusqu'à 40 d'entre elles ont été détenues . En 2017, des centaines d'hommes LGBTQI + ont été arrêtés et soumis à des abus physiques horribles. Le chef de la République tchétchène, Ramzan Kadyrov, avait déjà déclaré auparavant que la Tchétchénie devait éliminer son peuple LGBTQI + afin de « purifier notre sang ».

De nouvelles terribles de #Tchétchénie #Russie .


Nouvelle vague de violences sponsorisées par l'Etat contre les #LGBT, avec deux personnes déclarées mortes de #torture et de dizaines de personnes détenues.

« Des dizaines arrêtés dans une nouvelle purge Tchétchène des gays »
Le réseau Russe des LGBT allègue que des dizaines ont été détenus et qu'au moins deux ont été tués ces dernières semaines.


Il y a eu de bonnes nouvelles en matière d'égalité de sexes en janvier: la Cour constitutionnelle de Lituanie a statué que le refus systématique des permis de séjour aux conjoints de citoyens LGBTQI + mariés à l’étranger était discriminatoire et portait atteinte à la dignité humaine. L'État doit maintenant accorder la résidence à ces époux étrangers. Cependant, il convient également de noter que la loi lituanienne ne reconnaît toujours pas les unions entre personnes de même sexe.


Russie: nouvelles attaques législatives contre la liberté d'expression

En Russie, la loi de 2015 sur les « organisations indésirables » a été utilisée pour la première fois, en janvier, dans une affaire pénale contre un défenseur des droits humains. Anastasia Shevchenko a été arrêtée le 21 janvier et est actuellement en résidence surveillée jusqu'au 20 mars. Shevchenko est membre du Mouvement pro démocratie non enregistré dénommé Open Russia Civic Mouvment (ORCM). Selon les autorités, ce mouvement fait partie d'une organisation interdite basée au Royaume-Uni. OCRM dément toute connexion entre les deux groupes. La loi sur les « organisations indésirables » autorise le procureur général à interdire toute organisation étrangère perçue comme « préjudiciable » à la Russie. Les peines infligées aux personnes reconnues coupables d ‘ « implication » dans ces organisations vont d'une simple amende à six ans de prison.

Le 24 janvier, les législateurs russes ont approuvé, en première lecture, les deux projets de loi qui criminaliseraient les « insultes » envers l'État et la propagation de fausses informations. Les condamnations en vertu de la première loi pourraient entraîner une peine de prison de 15 jours alors que les condamnations en vertu de la seconde entraîneraient des amendes. Consultez l’analyse d'ARTICLE 19 pour plus d'informations.

En janvier a eu lieu le premier anniversaire de l'emprisonnement en Tchétchénie du leader russe de la société civile Oyub Titiev. Il est détenu pour des accusations de drogue hautement fallacieuses. Titiev dirige le bureau en Tchétchénie de l'organisation russe de défense des droits de l'homme Memorial. Le bureau de Memorial en Ingouchie a été la cible de bombes incendiaires par des inconnus au moment de l’arrestation de Titiev.


En bref

Le 15 janvier au Monténégro, le journaliste d'investigation Jovo Martinović a été faussement reconnu coupable de trafic de drogue et d'appartenance à un groupe criminel. Il a été condamné à 18 mois de prison. La preuve présentée contre lui indiquait qu'il avait été en contact avec certains des suspects dans le cadre d'un prétendu stratagème de trafic de drogue alors qu'il travaillait sur un documentaire. Le Comité pour la protection des journalistes et la Fédération internationale des journalistes ont protesté contre la reconnaissance de sa culpabilité et sa condamnation.

Au Tadjikistan, le journaliste anti-corruption Khayrullo Mirsaidov a été condamné par contumace à huit mois de prison pour avoir enfreint une décision de justice et quitté illégalement le pays. Il avait été libéré de prison en août 2018 après une peine de 12 ans d'emprisonnement pour crimes financiers. Sa peine avait été commuée en amende et travaux d'intérêt général. Sa peine de huit mois a été prononcée parce qu'il avait quitté le pays pour se faire soigner.

En Hongrie, les manifestations contre l'ironiquement appelée « loi sur les esclaves » (qui obligent les employés à travailler jusqu’à 400 heures supplémentaires par an et à attendre jusqu’à trois ans pour être payés), pour une presse libre et pour un pouvoir judiciaire indépendant se sont poursuivies jusqu'en janvier. Le gouvernement, qui aurait dépensé 40 millions d'euros pour la propagande anti-George Soros en 2017, a continué à imputer ces manifestations au milliardaire philanthrope des droits humains.

La manifestation en #Hongrie a atteint le métro arany janos en route pour Kossuth ter. « O1G » chants et musique. Protestation contre la loi sur les esclaves, pour un pouvoir judiciaire indépendant et des médias libres.

À Kherson, en Ukraine, les locaux du journal Novyy Den ont été attaqués par des individus qui ont tiré par les fenêtres et jeté des gaz lacrymogènes dans le bâtiment. Deux suspects ont été arrêtés.

Le mois de janvier a connu des manifestations à Belgrade, en Serbie. Les manifestants ont appelé le président Aleksandar Vucic à protéger la liberté des médias et à mettre fin aux attaques contre les journalistes et les personnalités de l'opposition. Les manifestations ont été déclenchées par un assaut en novembre sur le politicien de l'opposition Borko Stefanovic. Une étude récente sur les Balkans a montré que la Serbie était le pays où la sécurité des journalistes était la plus menacée.

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استدعاء مدافعيْ حقوق الإنسان في الكويت للتحقيق في جرائم إلكترونية https://t.co/ohYK8eo0w5 @GulfCentre4HR