(RSF/IFEX) – Alors que vingt journalistes sont actuellement incarcérés en Iran, RSF est particulièrement préoccupée par le sort de certains d’entre eux qui ont été soumis à des pressions psychologiques en vue de leur soutirer des aveux. L’organisation demande au chef de la magistrature, l’ayatollah Sharoudi, d’ordonner la libération de ces journalistes qui n’ont fait […]
(RSF/IFEX) – Alors que vingt journalistes sont actuellement incarcérés en Iran, RSF est particulièrement préoccupée par le sort de certains d’entre eux qui ont été soumis à des pressions psychologiques en vue de leur soutirer des aveux. L’organisation demande au chef de la magistrature, l’ayatollah Sharoudi, d’ordonner la libération de ces journalistes qui n’ont fait qu’exercer leur droit à s’exprimer librement. RSF s’inquiète également des pressions exercées sur les proches de ces détenus. Pour l’organisation, le Guide de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, est l’un des trente prédateurs de la liberté de la presse dans le monde. L’Iran est aujourd’hui la plus grande prison du monde pour les journalistes.
Malgré plusieurs libérations intervenues ces derniers mois, dont celle de Machallah Chamsolvaezine, de « Neshat », le 12 septembre 2001, de nombreux journalistes demeurent incarcérés dans des conditions très difficiles. D’après les témoignages de Martazi Langrodi et Ali Ansary Rad, parlementaire, qui ont rendu visite à des détenus, plusieurs journalistes ont été soumis à de fortes pressions pour leur soutirer des aveux. Cela concernerait notamment Reza Alijani, Hoda Saber, Taghi Rahmani et Ezatollah Sahabi.
Selon d’autres informations recueillies par RSF, certains prisonniers sont incarcérés dans des cellules individuelles toutes blanches, dotées d’un éclairage très agressif. Privé de sommeil, le détenu finit souvent par avouer des « crimes » qu’ils n’a pas commis. La télévision d’État diffuse ensuite ces aveux contraints.
Par ailleurs, les familles de certains journalistes emprisonnés sont régulièrement soumises à des pressions de la part des autorités iraniennes, allant parfois même jusqu’à l’arrestation. C’est le cas de Narghues Mohammadi, épouse de Rahmani, journaliste à « Omid-é-Zangan » emprisonné depuis le 11 mars. Elle-même journaliste, elle a été arrêtée, le 28 août, après sa comparution devant le Tribunal révolutionnaire de Téhéran en tant que « témoin ». Relâchée le 2 septembre, on lui a, depuis, reproché d’avoir accordé des interviews à des radios étrangères. La soeur de Saber, d' »Iran-é-Farda », a été placée en détention provisoire, pendant plusieurs jours, en juillet, pour avoir refusé de « collaborer » avec la justice.
La plupart de ces journalistes sont incarcérés à la prison d’Evine et à la prison n°59, à Téhéran. Seuls cinq d’entre eux ont été condamnés. Les autres sont en attente d’un jugement ou de son verdict. Les peines vont de trois à huit ans de prison.