(RSF/IFEX) – Reporters sans frontières s’inquiète de la situation de la presse dans la vallée de Swat où les opérations militaires contre les taliban se durcissent. Depuis l’instauration du couvre-feu par l’armée, les journalistes ont suspendu la publication de leurs journaux. Mais désormais, beaucoup d’entre-eux fuient la région pour se réfugier dans des villes plus […]
(RSF/IFEX) – Reporters sans frontières s’inquiète de la situation de la presse dans la vallée de Swat où les opérations militaires contre les taliban se durcissent. Depuis l’instauration du couvre-feu par l’armée, les journalistes ont suspendu la publication de leurs journaux. Mais désormais, beaucoup d’entre-eux fuient la région pour se réfugier dans des villes plus sûres. Le 12 mai 2009, l’Union des journalistes de Khyber a demandé au gouvernement pakistanais de permettre l’accès des médias à Mingora (chef lieu du district de Swat).
« Il est désormais impossible d’obtenir des informations indépendantes sur la situation dans la vallée de Swat. Les journalistes fuient massivement la région. Plus aucun d’entre eux ne veut rester sur place. Nous pressons les autorités pakistanaises de délivrer des permis de circulation aux journalistes durant la période du couvre-feu et de prendre des mesures immédiates pour assurer la sécurité des journalistes afin qu’ils puissent revenir dans la vallée et reprendre leur travail. La vallée de Swat est devenue une zone de non-droit. Cette situation est inacceptable et le gouvernement doit y remédier au plus vite », a déclaré l’organisation.
« Il n’y a aucune information sur les districts de Swat, de Buner et de Dir. Il n’y a aucun moyen de diffuser les informations. Personne n’est au courant de la situation actuelle », a déclaré Mohammad Riaz, président de l’Union des journalistes de Khyber, lors d’une conférence de presse le 12 mai.
Le président du club de presse de Swat, Salahuddin Khan, a déclaré le 11 mai à RSF que tous les journalistes ont quitté la vallée et qu’elle vit désormais « sans aucun médias ».
Plusieurs journalistes expérimentés tels que Ghulam Farroq, rédacteur en chef de « Shamal », ou Fayyaz Zafar, rédacteur en chef du journal en ligne Zama Swat, ont quitté Swat le 7 mai et se sont installés dans différentes villes, et notamment Peshawar. « Je viens de partir avec ma famille et je vis chez un ami loin de Mingora », a déclaré Ghulam Farroq par téléphone à RSF.
Certains journalistes avaient pourtant décidé de rester malgré le danger, comme le journaliste télé Shireezada qui avait déclaré à RSF : « Espérons que rien de grave n’arrivera ». Il avait expliqué qu’il avait constitué des réserves de combustible et de nourriture pour survivre à des jours encore plus difficiles. Il était le dernier journaliste qui tentait de diffuser des informations sur la situation dans les zones de combats. Mais, le 11 mai, Shireezada a finalement quitté la région pour des raisons de sécurité. « J’ai également quitté Swat avec ma famille, car être journaliste est extrêmement difficile dans la situation actuelle. Swat se retrouve désormais sans aucun journaliste ».
Shireezada affirme que des milliers d’habitants sont coincés à Mingora, attendant la fin du couvre-feu pour atteindre des zones plus sûres. D’après lui, les habitants pourraient bientôt subir une pénurie d’eau et nourriture à cause de la coupure d’électricité et du couvre-feu.
Mise à jour de la situation des médias dans la vallée de Swat: http://ifex.org/fr/content/view/full/102923