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Proclamation de l'état d'urgence et suspension des libertés civiles

Au Honduras, le gouvernement de facto a déclaré l'état d'urgence le 26 septembre. Les garanties constitutionnelles des libertés d'expression, de mouvement et d'assemblée sont suspendues pendant 45 jours, rapportent le Comité pour la libre expression (Comité por la Libre Expresión, C-Libre) et les membres de l'IFEX. Le harcèlement des médias se poursuit tandis que les conditions générales d'exercice du journalisme se sont considérablement dégradées.

La Commission nationale des télécommunications (CONATEL), avec l'appui de la police et des forces armées, est autorisée à suspendre toute station de radio ou de télévision ou toute société de câblodistribution qui ne se conforme pas au décret, rapporte C-Libre. L'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) a protesté vigoureusement contre ces menaces aux stations de radio communautaire du Honduras.

En outre, le décret interdit toute déclaration publique susceptible d'offenser les hauts dignitaires ou de remettre en question les décisions du gouvernement, indique Human Rights Watch.

« Roberto Micheletti a, dans les faits, rendu illégale la critique publique », dit Human Rights Watch. « Ce genre de décret est la norme des dirigeants autoritaires - de Pinochet au Chili à Castro à Cuba - qui ne tolèrent la liberté de parole que lorsqu'elle s'exprime en faveur du gouvernement. »

Le président renversé Manuel Zelaya est rentré d'exil le 21 septembre et s'est réfugié à l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa, rapporte ARTICLE 19. Des soldats et des policiers de l'escouade anti-émeute entourent l'ambassade et contrôlent le voisinage. Le chef du gouvernement de facto, Micheletti, a menacé de faire arrêter Zelaya et a imposé un couvre-feu d'une durée indéfinie sur l'ensemble du pays. À l'approche des élections prévues pour le 29 novembre, Micheletti tente de consolider son pouvoir en étouffant la dissidence, rapportent les membres de l'IFEX.

Des soldats et la police ont procédé le 28 septembre à des descentes contre Radio Globo et Canal 36, qu'ils ont fermés, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX. Deux journalistes guatémaltèques, qui couvraient le raid, ont été tabassés par la police. Les deux stations sont perçues comme sympathiques à Zelaya et très critiques à l'égard de Micheletti.

Après s'être opposés ouvertement au coup d'État, Radio Globo et Canal 36 ont été empêchés de diffuser en raison de constantes coupures de courant et du brouillage possible de leurs signaux, disent C-Libre et ARTICLE 19. « Au début de septembre, le gouvernement de facto a entamé des poursuites criminelles en diffamation contre le directeur de Radio Globo, David Romero », rapporte ARTICLE 19. Entre-temps, des reporters qui travaillent pour les journaux « El Heraldo » et « La Prensa », favorables à Micheletti, ont été menacés.

En province, une station de radio locale, « Radio Estereo 1 », a été fermée le 21 septembre par les forces armées sur l'ordre du gouvernement de facto, après que des partisans de Zelaya eurent pris la parole dans une émission, indique C-Libre. La station a reçu le lendemain la permission de revenir en ondes, mais a été prévenue de censurer toutes les nouvelles sur Zelaya et ses partisans.

Par ailleurs, les violations ne sont pas toutes le fait du gouvernement de facto. Le 24 septembre 2009, Janina Romero, journaliste à la station de télévision « Canal 39 », a été agressée par des membres de la Résistance Nationale contre le coup d'État, tandis qu'elle couvrait une manifestation, après avoir interviewé un des dirigeants du groupe, rapporte C-Libre. « Ils m'ont frappée au visage et dans le dos. Leur intention était de me déshabiller et de me faire marcher nue dans la rue », a-t-elle déclaré. « Des avocats de la Résistance m'ont appelée pour me demander de m'abstenir de porter plainte. Je ne dénonce pas la Résistance, mais bien la violation de ma liberté d'expression et de mes droits fondamentaux de la personne et les menaces proférées à mon endroit. »

La crise a éclaté en juin après que Zelaya eut insisté pour tenir un référendum constitutionnel, même si les tribunaux l'avaient jugé illégal et même si des membres de son propre parti s'y opposaient, indiquent les dépêches.

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