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La Cour suprême condamne le magazine "Time" à une amende exorbitante

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce le verdict de la Cour suprême d'Indonésie condamnant le magazine "Time Asia" à payer plus de 100 millions de $US de dommages et intérêts à l'ancien dictateur Suharto. Un porte-parole de la Cour a estimé que l'enquête du magazine avait heurté "l'honneur du plaignant".

"On se croirait revenu au temps de Suharto où la presse était muselée dès qu'elle évoquait la corruption et le népotisme de la famille gouvernante. La justice indonésienne doit se ressaisir et annuler ce verdict ridicule. Au lieu de condamner un magazine étranger, les juges devraient multiplier leurs efforts pour que Suharto rende les milliards qu'il est accusé d'avoir usurpés au pays", a affirmé l'organisation.

Le 11 septembre 2007, Todung Mulya Lubis, avocat indonésien du "Time Asia", a déclaré vouloir se battre pour faire annuler le verdict de la Cour suprême. La veille, le magazine était condamné à payer 1 000 milliards de roupies (environ 106 millions de $US) à Suharto. Un porte-parole de la Cour a confirmé à des journalistes étrangers que les verdicts de 2000 et 2001, qui avaient donné raison à "Time Asia" dans ce même dossier, ont été cassés par la plus haute juridiction du pays. Six employés de "Time Asia" sont également condamnés à publier des excuses dans des magazines indonésiens et dans les éditions internationales du "Time".

Interrogée par Reporters sans frontières, la direction du "Time" s'est pour l'instant refusée à tout commentaire dans la mesure où aucune notification du jugement ne lui a été transmise. De son côté, l'avocat de Suharto s'est félicité de ce "verdict surprise".

L'ancien dictateur réclamait au magazine depuis 1999 plus de 27 milliards de $US de l'époque pour "diffamation". Dans un article publié après sa chute, "Time Asia" affirmait que sa famille et lui-même avaient transféré de la Suisse à l'Autriche une partie des 73 milliards de $US détournés pendant ses 32 années au pouvoir.

Parmi les juges de la Cour suprême figure un général à la retraite, en activité sous les ordres de Suharto. L'ancien dictateur n'a jamais été condamné malgré une instruction pour détournement de fonds engagée par le procureur général, qui porte sur plus d'un milliard et demi de $US.

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