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Des activistes papous sont emprisonnés pour trahison

Cinq hommes ont été condamnés à trois ans de prison en Papouasie pour avoir hissé un drapeau séparatiste illégal et avoir proclamé l'indépendance de la région, selon ce que rapportent Human Rights Watch et le Pacific Freedom Forum (PFF).

Les hommes avaient mené le 19 octobre à Jayapura une célébration pacifique en faveur de l'indépendance à laquelle avaient participé 1 000 Papous.

« Les cinq défenseurs ont tous été trouvés coupables de trahison aux termes du code criminel. Tous les aspects ont été démontrés au sens de la loi et de manière probante », a déclaré le juge Jack L. Oktovianus, du district judiciaire de Jayapura, selon ce qu'indiquent les dépêches. « Nous les condamnons à trois ans d'emprisonnement. »

Parmi les « Cinq de Jayapura » se trouvent Forkorus Yaboisembut, président de l'État auto-proclamé des Papous, et Selpius Bobii, militant des médias sociaux.

D'après Human Rights Watch, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur la foule et ont tabassé des manifestants à coups de bâton après que les hommes eurent proclamé l'indépendance et hissé illégalement le drapeau papou. Au moins trois personnes ont été tuées et plus de 90 autres blessées pendant le rassemblement.

Dix-sept officiers de police, dont le chef de la police de Jayapura, ont reçu des avertissements écrits pour n'avoir pas priorisé la protection des civils, mais aucune mesure n'a été prise en cas d'un usage abusif de la force, indique Human Rights Watch.

Le PFF et Human Rights Watch ont dénoncé la décision du tribunal, affirmant que celle-ci viole le droit international et la constitution indonésienne, qui garantit la liberté de manifester.
Human Rights Watch a déclaré en outre que le procès soulevait de graves questions sur l'application régulière de la loi, comme le fait que trois des hommes ont été tabassés par la police pendant qu'ils se trouvaient en garde à vue.

« Jeter des militants en prison sur la foi d'accusations de trahison ne fera que renforcer la croyance des Papous que le gouvernement indonésien se sert de la loi à des fins politiques », dit Elaine Pearson, directrice adjointe du bureau asiatique à Human Rights Watch. « Et pendant qu'il s'affaire à poursuivre des manifestants pacifiques, le gouvernement semble n'avoir pas eu le temps d'enquêter convenablement sur la violence exercée contre eux. »

Les membres de l'IFEX demandent au gouvernement de libérer tous les prisonniers politiques et de permettre aux organisations de défense des droits et aux journalistes étrangers un accès sans entraves à la région, laquelle est étroitement contrôlée par Djakarta.

D'après les dépêches, les Papous accusent depuis longtemps l'armée indonésienne de violer les droits de la personne dans la région et se plaignent que le gros des recettes tirées de l'extraction de leurs richesses naturelles prend le chemin de Djakarta.

En 1969, l'Indonésie a pris le contrôle de la Papouasie, ancienne colonie néerlandaise de la moitié ouest de l'île de la Nouvelle-Guinée, après la tenue d'un scrutin réalisé auprès d'un groupe sélect de Papous, scrutin considéré généralement comme une imposture.

L'Indonésie a emprisonné plus de 100 militants des îles Moluques et de Papouasie parce qu'ils exprimaient leurs vues politiques de manière non violente, qu'ils organisaient des manifestations et tenaient des drapeaux séparatistes, indique Human Rights Watch.

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