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Tirs de l'armée israélienne contre des journalistes palestiniens : RSF saisit la Cour pénale internationale

Un paramédic palestinien aide un photojournaliste pendant une manifestation à l'est de Khan Yunis, sur le territoire de Gaza, le 15 mai 2018
Un paramédic palestinien aide un photojournaliste pendant une manifestation à l'est de Khan Yunis, sur le territoire de Gaza, le 15 mai 2018

SAID KHATIB/AFP/Getty Images

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 15 mai 2018.

Dans une communication du 15 mai 2018, Reporters sans frontières (RSF) a saisi la Cour pénale internationale concernant la perpétration de crimes de guerre commis par l'armée israélienne contre des journalistes palestiniens depuis le 30 mars.

A quelques heures de la réunion du Conseil de sécurité du 15 mai 2018, RSF a saisi la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Madame Fatou Bensouda, d'une communication sur le fondement de l'article 15 du Statut de Rome. Dans cette requête, l'organisation évoque les tirs directs de snipers de l'armée israélienne à l'encontre d'une vingtaine de journalistes palestiniens, sur le territoire de Gaza, dans le contexte des manifestations de la Marche du retour. Pour l’organisation, ces faits relèvent clairement de la compétence de la Cour.

"Les autorités israéliennes ne pouvaient ignorer la présence, parmi les civils manifestants, de journalistes. Elles ont manqué à leur élémentaire devoir de précaution et de distinction en visant à balles réelles ces personnes protégées, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Ces violations délibérées et répétées du droit humanitaire international sont constitutifs de crimes de guerre. En saisissant la Cour pénale internationale, RSF appelle les autorités israéliennes au strict respect du droit international."

Selon des sources concordantes, plusieurs journalistes ont été visés le 14 mai 2018 par des tirs alors qu’ils couvraient des manifestations à l'est de la ville de Gaza : Omar Hamdane, caméraman travaillant pour la télévision nationale algérienne (ENTV), a été blessé par plusieurs balles au pied. Wael Dahdouh, journaliste pour Al Jazeera a été blessé à la main droite. Mohammed Abu Dahrouj, caméraman pour le média Zain Media, a été touché à la jambe gauche. Yasser Qudeih, photographe freelance pour le quotidien proche du Hamas Palestine a été touché par balles à l'abdomen et transféré à l'unité de soins intensifs de l'Hôpital européen de Gaza.

Deux journalistes ont également été blessés par balles près de la ville de Khan Younes: Abdullah al-Shorbagi, reporter pour le journal local pro-Hamas Khan Younis Media Network, a été blessé au pied gauche. Nihad Fuad, reporter pour la radio communautaire Forsan al-Erada, a été touché à la tête et a également été transféré à l'hôpital européen de Gaza. Farhan Hashem Abu Hadayd, reporter pour le site internet Safad Press, a été blessé par balles à la jambe gauche à l'est de Rafah.

Depuis le 30 mars dernier, date du début du mouvement de protestation "La marche du retour" et les manifestations organisées à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, deux journalistes palestiniens - Yaser Murtaja, 30 ans, photographe pour l'agence indépendante Ain Media, et Ahmed Abu Hussein, 27 ans, journaliste pour Radio Shaab et Bisann News - ont été tués par des tirs à balles réelles de l'armée israélienne. Tous les deux étaient clairement identifiés par un gilet ou un casque barré du mot "Press". Une vingtaine d'autres journalistes ont également été blessés par balles. Au moins trois d'entre eux étaient clairement identifiés comme étant des journalistes.

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