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Des journalistes sont agressés et censurés

Les journalistes palestiniens doivent affronter les balles de caoutchouc des soldats israéliens et la censure de l’Autorité palestinienne.
Les journalistes palestiniens doivent affronter les balles de caoutchouc des soldats israéliens et la censure de l’Autorité palestinienne.

via MADA

Les journalistes palestiniens essuient les assauts des forces israéliennes et subissent des raids et des arrestations, résultats de la rivalité politique entre l'Autorité palestinienne et le Hamas, selon ce que rapportent le Centre palestinien pour le développement et la liberté des médias (Palestinien Center for Development and Media Freedom, MADA) et Reporters sans frontières (RSF). Par ailleurs, Israël continue de viser et de détenir un grand nombre de Palestiniens qui participent aux manifestations de protestation contre le mur de séparation en Cisjordanie et contre les violations de la liberté de mouvement et de la liberté d'expression, rapporte Human Rights Watch.

Dans son rapport de 2009 sur les violations de la liberté de la presse dans les territoires palestiniens occupés, le MADA a recensé 97 attaques contre la presse commises par les forces d'occupation et les colons israéliens, et 76 commises par les forces de sécurité palestiniennes et les groupes armés de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Quatre journalistes palestiniens ont été tués à la suite d'attaques des forces israéliennes dans la bande de Gaza. Les forces de sécurité israéliennes ont intensifié les assauts contre les journalistes à Jérusalem et bloquent l'accès à la Mosquée Al-Aqsa. En 2009, les autorités palestiniennes ont détenu 30 journalistes, tandis que les autorités israéliennes en ont détenu sept. Le nombre des journalistes palestiniens blessés par les forces israéliennes est passé à 34, tandis que les autorités palestiniennes en on blessé six.

Le rapport ajoute que les autorités israéliennes restreignent les mouvements des journalistes palestiniens qui circulent entre la Bande de Gaza et l'extérieur; elles empêchent des journalistes de Cisjordanie de se rendre en Israël et à Jérusalem, et en empêchent d'autres de se rendre à l'étranger. Les désaccords entre l'Autorité palestinienne et le Hamas ont mené à la fermeture des entreprises de presse de Cisjordanie et de la bande de Gaza par les autorités, ou à leur interruption par les propriétaires des médias par crainte de représailles. Les journalistes palestiniens en sont réduits à pratiquer l'autocensure par crainte tant du Hamas que du Fatah.

Le journaliste Mustafa Sabri se fait systématiquement arrêter et harceler. Son domicile de Cisjordanie a été fouillé le 9 mars par des membres des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne, indique Reporters sans frontières (RSF). Quelques heures à peine après que Sabri, ancien correspondant en chef du journal « Filastine », eut été libéré de prison sous caution, on l'a empêché d'accorder, chez lui, une entrevue à la station de télévision « Al-Quds » sur le rôle du Syndicat des journalistes palestiniens. À Gaza, les forces de sécurité du Hamas ont procédé le 8 mars à une descente au domicile de Noufouz Al-Bakri, correspondante du journal « Al-Hayat Al-Jadida », le lendemain du jour où elle avait critiqué en ligne les violations des droits des femmes dans la bande de Gaza.

Human Rights Watch rapporte que le journaliste britannique Paul Martin a été relâché le 11 mars après avoir été détenu sans jugement pendant 25 jours par le Hamas. Martin était allé à Gaza pour témoigner au nom d'un ancien militant détenu accusé d'espionnage et de collaboration. Les autorités du Hamas soupçonnent Martin d'être un espion. « Qu'un journaliste étranger de cette stature puisse subir une détention aussi inique me laisse songeur quant aux droits des détenus sans voix pris dans le système de tribunaux militaires du Hamas », a déclaré Sarah Leah Whitson de Human Rights Watch.

D'après le MADA, le 5 mars, six journalistes ont été attaqués pendant qu'ils faisaient un reportage sur les affrontements entre les forces israéliennes et des Palestiniens qui manifestaient à Jérusalem et à Hébron. Le photographe Mahfouz Abu Turk, d'Associated Press, a été blessé par des projectiles en caoutchouc tandis qu'il couvrait un affrontement entre de jeunes palestiniens et les forces de sécurité israéliennes à la Mosquée Al-Aqsa. Le photographe Abdel-Hafiz Hashlamoun, de European Pressphoto Agency (EPA) a été tabassé par des soldats tandis qu'il couvrait des affrontements à Hébron, et s'est fait briser son appareil. « Ils ont essayé de nous empêcher de couvrir les échauffourées entre les forces israéliennes et les jeunes gens, où des soldats ont lancé des bombes assourdissantes et des gaz lacrymogènes. » D'autres journalistes ont été brutalement agressés par des soldats israéliens.

D'autres attaques contre les médias sont survenues le 16 mars lorsque la police a bloqué les journalistes étrangers et locaux pour les empêcher de couvrir les accrochages à Al-Esawiya, près de Jérusalem. Deux caméramans de la télévision palestinienne ont été agressés, d'autres ont été détenus. Le 15 mars, la police a lancé des grenades de gaz lacrymogènes sur des journalistes palestiniens qui tentaient de filmer les affrontements à Jérusalem.

Dans d'autres affrontements, les autorités militaires israéliennes ont arrêté arbitrairement des Palestiniens qui protestaient contre la construction du mur de séparation en territoire cisjordanien plutôt que le long de la Ligne Verte, et leur ont refusé les voies de droit régulières. Les Palestiniens qui favorisent les protestations non violentes contre le mur de séparation sont inculpés sur la foi de fausses preuves et contraints aux aveux. Des détenus, y compris des enfants, se voient refuser l'accès à des juristes et à leur famille.

Mohammed Khatib, dirigeant du Comité populaire Bil'in et Comité de coordination de la lutte populaire (Bil'in Popular Committee and the Popular Struggle Coordination Committee), qui organise des manifestations contre le mur, a été détenu et inculpé de « lancement de pierres » lors d'une manifestation en 2008, même si son passeport indique qu'il se trouvait en Nouvelle Calédonie, une île du Pacifique, au même moment. Il a été relâché en août 2009, à la condition qu'il se présente à un poste de police à l'heure des manifestations hebdomadaires contre le mur, pour l'empêcher de participer. Khatib a été détenu de nouveau en janvier 2010 et libéré en février. Il a publié dans d'importants médias des États-Unis des articles dans lesquels il appelle à des protestations non violentes, rapporte Human Rights Watch.

Au cours des deux derniers mois, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a documenté plusieurs cas d'attaques contre la presse, notamment des détentions, de la censure, du harcèlement et des agressions physiques par des soldats israéliens. Le 6 février, les forces israéliennes ont tiré des balles de caoutchouc sur le photographe Nidal Ishtieh, de l'agence Xinhua News, dans le village de Oraq Burin. Ce même jour, l'armée israélienne retenait un autocar transportant 50 journalistes au poste de contrôle Container Checkpoint, à l'extérieur de Bethléhem.

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