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Deux journalistes condamnés à dix-huit mois de prison pour "atteinte à l'honneur"



(RSF/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse du RSF, daté du 16 mars 2001:




Deux journalistes condamnés à dix-huit mois de prison pour "atteinte à l'honneur"

Dans une lettre adressée à monsieur Wilfredo Sáenz, président de la deuxième Cour d'appel de Panama, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre la condamnation à dix-huit mois de prison, commuable en une peine d'amende de 400 dollars, de Rainer Tuñon, ancien journaliste de Crítica Libre, et Juan Díaz, du quotidien Panamá América, pour "atteinte à l'honneur", après avoir publié des informations données par un magistrat. Par ailleurs, RSF s'est inquiétée de la tentative d'arrestation, dans le cadre de la même affaire, de José Otero, du quotidien La Prensa. L'organisation a demandé au président de la Cour d'appel du Panama que Rainer Tuñon et Juan Díaz soient acquittés en appel et que les poursuites contre José Otero soient abandonnées. "Le fait que seuls les journalistes soient poursuivis dans cette affaire démontre qu'il s'agit d'une atteinte à la liberté de circulation de l'information garantie par l'article 19 du Pacte international sur les droits civils et politiques, ratifié par le Panama", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF. De plus, ce dernier a rappelé que dans un texte adopté en janvier 2000, le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression des Nations unies a clairement établi que "l'emprisonnement en tant que condamnation de l'expression pacifique d'une opinion constitue une violation grave des droits de l'homme".

Selon les informations recueillies par RSF, Rainer Tuñon, ancien journaliste de Crítica Libre et qui travaille aujourd'hui pour le quotidien El Universal, et Juan Díaz, du quotidien Panamá América, ont été condamnés, le 14 mars 2001, à dix-huit mois de prison, peine commuable en une amende 400 dollars (440 euros), et à une interdiction d'exercer une fonction publique pendant une durée de six mois. Juan Díaz et Rainer Tuñon ont publié dans leurs journaux les déclarations du magistrat Manuel Sucari qui avait annoncé, en juin 1997, qu'il enquêtait sur une douzaine de personnes soupçonnées d'exercer la médecine avec de faux diplômes. Le docteur Samuel Osorio Caicedo, cité par le magistrat, et dont le diplôme s'est révélé être authentique, a porté plainte contre les deux journalistes pour "atteinte à l'honneur". Egalement poursuivi par Samuel Osorio Caicedo, José Otero a fait l'objet d'une tentative d'arrestation, le 15 mars 2001.

Dans un communiqué de presse publié en décembre 2000 RSF avait recommandé aux autorités panaméennes de tout mettre en oeuvre afin que les peines de prison pour délits de presse soient supprimées de la législation panaméenne. L'organisation avait rappelé que la disproportion entre la peine et le délit a, sur le journaliste, un effet inhibiteur qui porte atteinte à son droit d'informer et à celui de la société à être informée. Une quarantaine de journalistes sont actuellement poursuivis pour "diffamation" ou "outrage". De nombreuses plaintes émanent du seul procureur général de la Nation, José Antonio Sossa, qui s'est ainsi converti en une véritable "bête noire" de la presse.



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