RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

LES MÉDIAS S'ADRESSENT AUX TRIBUNAUX POUR COMBATTRE LE HARCÈLEMENT DU GOUVERNEMENT

Dans une manifestation extraordinaire d'unité, plus de 100 journalistes des Philippines ont intenté deux poursuites judiciaires pour faire cesser les menaces du gouvernement contre les médias et empêcher d'autres arrestations de journalistes qui couvrent les situations d'urgence, selon ce que rapportent le Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (Center for Media Freedom and Responsibility, CMFR) et l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA).

À Makati, un district de Manille, un tribunal régional a émis une ordonnance temporaire de 72 heures de non-communication visant à empêcher les fonctionnaires du gouvernement et les forces de sécurité de menacer ou d'arrêter des journalistes, après que 36 d'entre eux et quatre organisations de médias, dont le CMFR, eurent déposé un recours collectif dans le but d'obtenir des réparations pour des menaces à la liberté de la presse.

Le même jour, 81 journalistes ont déposé une plainte devant la Cour suprême pour lui demander d'émettre une ordonnance de prohibition et une injonction pour que le gouvernement de la présidente Gloria Macapagal-Arroyo cesse de menacer de déposer des plaintes criminelles contre les journalistes.

Ces deux affaires s'inscrivent dans le cadre d'une réponse coordonnée à l'arrestation de plus de 30 journalistes qui ont couvert une tentative de coup d'État en novembre dernier, et aux menaces qui ont suivi de procéder à des arrestations du même genre si les médias refusaient d'obéir aux ordres du gouvernement. Un certain nombre de journalistes arrêtés lors des incidents de novembre se sont joints à titre de demandeurs à l'une ou l'autre des deux démarches.

Le recours collectif de Makati réclame 10 millions de pesos (245 600 $ US) en réparations qui, en cas de victoire, seraient déposés dans une fiducie consacrée à la défense et à la protection de la liberté de la presse.

Le juge a émis l'ordonnance de non-communication « considérant l'extrême urgence, et qu'il en résulterait des torts importants et irréparables pour les demandeurs » si les menaces d'arrestation lancées par le gouvernement étaient exécutées avant que l'affaire ne soit entendue devant le tribunal.

Selon des dépêches locales, les demandeurs ont déclaré avoir intenté ces poursuites dans le cadre de la réponse constante de la communauté journalistique à l'intimidation et au harcèlement officiels, et comme « avertissement » aux autorités que la presse des Philippines entend commencer à se servir des tribunaux pour attirer l'attention sur ses difficultés.

« À moins de faire quelque chose, dit le CMFR, la prochaine situation de crise verra des journalistes arrêtés de nouveau ou, pis encore, inculpés de se faire complices de la rébellion ou de quelque autre délit du genre, qui évoque l'appellation fourre-tout de subversion contenue dans la loi martiale. »

Consulter les sites suivants :
- CMFR : http://www.cmfr.com.ph/_alerts/2008/jan_05.html
- SEAPA : http://www.seapabkk.org/
- Inquirer.net, « Media file suit against government » : http://tinyurl.com/2287vp
(5 février 2008)

Dernier Tweet :

Irak : quand enquêter sur la corruption mène les journalistes en prison https://t.co/yyeek3C0VB @RSF_fr https://t.co/U6vxvTrvMK