RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

L'élection est entachée de violations de la libre expression

Des officiers de la police tentent de détenir un journaliste de
Des officiers de la police tentent de détenir un journaliste de "Kommersant" lors d'un rassemblement de protestation le 6 décembre à Moscou contre les résultats des élections parlementaires

REUTERS

Tandis que les Russes votaient cette semaine aux élections parlementaires, la censure, les cyber-attaques coordonnées et les arrestations de journalistes et de blogueurs se poursuivaient dans le but apparent d'étouffer les allégations de fraude électorale et les critiques à l'égard du parti au pouvoir, selon ce que rapportent la Fondation pour la défense de la glasnost (Glasnost Defence Foundation, GDF) et le Centre pour le journalisme en situations extrêmes (Center for Journalism in Extreme Situations, CJES), entre autres groupes membres de l'IFEX.

Au moins neuf reporters, photographes et blogueurs figurent parmi les 300 personnes arrêtées brièvement le 5 décembre tandis qu'ils couvraient à Moscou une manifestation de protestation contre la fraude alléguée lors de l'élection parlementaire de dimanche, à laquelle des milliers de personnes ont participé, dit Reporters sans frontières (RSF). La plupart d'entre eux ont été relâchés, mais le principal blogueur d'opposition, Alexeï Navalny, et l'éditeur de l'édition russe du magazine "Forbes", Alexeï Kamensky, ont été inculpés d'obstruction au travail de la police et risquent 15 jours de prison.

"Il n'y avait aucune justification pour empêcher les journalistes de couvrir un événement politique de cette importance", dit RSF. "C'était leur travail de le couvrir. Les médias n'auraient pas dû payer le prix de la paranoïa du gouvernement."

L'élection est considérée généralement comme un test de la popularité de Vladimir Poutine avant son retour attendu à la présidence, l'an prochain. Bien que le parti de Poutine, Russie Unie, ait gagné, ses appuis ont fondu, passant de 70 pour 100 à environ 50 pour 100 des voix. Les partisans de l'opposition affirment que la perte des appuis aurait été beaucoup plus importante n'eût été des irrégularités survenues dans le déroulement du scrutin.

Les membres de l'IFEX et d'autres critiques, dont l'ancien Président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, ont déclaré que l'élection parlementaire avait été entachée de fraude. Ils accusent les autorités de violations dans tout le pays, avant le jour du vote et pendant le déroulement du scrutin, du bourrage d'urnes à l'exercice de pressions auprès des étudiants et des employés pour les inciter à voter pour Russie Unie.

"Les dirigeants du pays doivent admettre qu'il y a eu de nombreuses falsifications et de la fraude, et que les résultats ne reflètent pas la volonté de la population", a dit Gorbachev.

Le chien de garde électoral Golos, financé par des organismes occidentaux, et plusieurs médias libéraux, comme la station de radio "Ekho Moskvy" et le portail d'informations en ligne Slon.ru, ont affirmé que leurs sites ont été fermés à 8 h le matin de l'élection par des pirates informatiques bien décidés à faire taire les allégations de fraude électorale, selon ce que rapportent RSF, le CJES et la GDF.

Des cyber-attaques massives se déroulent contre les sites de Golos et de visualisation des violations sur une carte", a déclaré Golos sur Twitter.

Golos dit soupçonner l'ingérence des autorités de l'État. "Je crois que personne d'autre que les structures du gouvernement et le FSB [Service de sécurité] sont capables de mener une telle campagne", a déclaré aux reporters la directrice générale de Golos, Liliïa Shibanova.

Freedom House s'est déclaré pour sa part préoccupé par "un modèle de harcèlement" dirigé contre le chien de garde - à savoir raids illégaux, articles diffamatoires dans les médias contrôlés par le gouvernement, accusations inventées de toutes pièces et amendes, et interdiction d'accès à plusieurs bureaux de scrutin le jour de l'élection.

Le 3 décembre, des officiers des douanes ont détenu Shibanova pendant 12 heures à l'aéroport de Moscou et ont confisqué son ordinateur parce qu'elle était une menace potentielle pour la sécurité nationale.

Les procureurs de Moscou ont ouvert la semaine dernière une enquête sur les activités de Golos après que des parlementaires se furent opposés à son financement occidental.

"La campagne contre Golos représente une raison de plus pour soulever de graves questions sur la légitimité, l'ouverture et le caractère compétitif de l'élection parlementaire en Russie", dit Freedom House.

Certaines attaques ont commencé quelques jours avant le scrutin. Un site qui héberge de nombreux blogues hostiles au gouvernement, "LiveJournal", a été inaccessible pendant trois jours à partir du 1er décembre, rapporte RSF.

La plupart des sites sont redevenus accessibles au moment où les bureaux de scrutin ont été sur le point de fermer.

Les journalistes et les blogueurs d'opposition, dont Alexeï Sotchnev, rédacteur en chef du site web de nouvelles indépendant "Besttoday.ru", et la blogueuse bien connue Maria Plieva, ont été arrêtés brièvement pendant quelques jours à la veille de l'élection, dit RSF; certains ont été empêchés de se rendre voter le jour du scrutin.

Les partis d'opposition ont dit que l'élection était inique depuis le début à cause du soutien des autorités à Russie Unie, soutien accompagné de sommes en argent liquide et de temps d'antenne à la télévision.

Et puis il y avait la censure. En novembre, la GDF a rapporté au moins 17 cas de journaux qui ont vu leur tirage être saisi avant d'arriver dans les kiosques.

Les autorités sont même allées jusqu'à imprimer des "doppelgangers" - des journaux d'apparence identique aux journaux d'opposition ou populaires, mais qui présentent un contenu favorable au gouvernement. La GDF a donné les exemples de faux exemplaires de la "Novaïa Gazeta" de Moscou et de "Argumenty i facti" d'Izhevsk.

Le Président Dimitry Medvedev, qui se retire pour permettre le retour à la présidence de Poutine l'an prochain, a balayé les allégations de fraude électorale.

Tandis que commencent des manifestations de protestation contre les résultats de l'élection, la plupart des slogans sont dirigés contre Poutine, rapporte la BBC. Les messages sur Twitter et autres médias sociaux, utilisés pour coordonner les premières manifestations, ont fixé au samedi 10 décembre la date des prochaines manifestations.

ADDITIONAL INFORMATION
Alertes liées au même sujet sur ifex.org
  • Le débat politique perturbé par des cyberattaques et des arrestations

    Une série d'attaques a paralysé des sites critiques du pouvoir en amont et durant les élections, et les quelques jours précédant le scrutin ont été émaillés par des interpellations de blogueurs et journalistes proches de l'opposition.



Dernier Tweet :

Con la ley también se puede cercenar la libertad. En #México presentaron en el Senado iniciativa que criminaliza la… https://t.co/jZOXCb4Mvj