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ARTICLE 19 condamne les attaques perpétrées contre le groupe de media Wal Fadjri et ses journalistes

(ARTICLE 19/IFEX) - Selon la direction de Wal Fadjri jointe au téléphone par ARTICLE 19, des "talibés" (disciples) du chef religieux, Serigne Modou Kara, armés de gourdins et de barre de fer ont fait irruption dans les locaux de la radio et télévision vers 14h45, le vendredi 25 septembre 2009. Ces hommes ont agressé le personnel dont trois ont été blessés. Ils ont saccagé une partie de l'équipement dans le service commercial et le bureau du chef service administratif.

Selon la même source, le Président directeur général de Wal Fadjri a été arrêté par les disciples du chef religieux devant sa maison d'où il s'apprêtait à prendre un taxi pour rejoindre son bureau et a été trainé de force au domicile du chef religieux avant d'être relâché.

L'attaque ferait suite à un article publié par le quotidien Wal Fadjri et repris dans la revue de presse du jour à la radio Walf FM disant qu'un Chef religieux supporterait le Président de la république parce qu'il reçoit des prébendes de ce dernier.

ARTICLE 19 exprime toute son inquiétude face à cette attaque des locaux des medias, qui est une récidive au Sénégal. "Cette attaque fragilise la sécurité des journalistes et groupes de presse au Sénégal et constitue une grave violation de la liberté d'expression", souligne l'organisation.

Le Procureur général près de la Cour d'appel a publié un communiqué quelques instants après le forfait, donnant "des instructions au Procureur de la république de faire diligenter immédiatement une enquête exhaustive aux fins d'identifier, d'interpeller et de déférer à son parquet tout individu impliqué dans ces faits".

"J'espère vivement que cette attaque ne restera pas impunie et que ces propos ne resteront pas de vains mots", a dit dans une voix empreinte d'émotion Jean Meissa Diop, le directeur de publication de Walf Grand-Place, l'une des publications du groupe.

ARTICLE 19 demande aux autorités de diligenter une enquête indépendante et de traduire les coupables devant la justice. "Cet acte de vandalisme n'est pas acceptable dans un pays démocratique", s'insurge Dr Agnès Callamard, directrice exécutive d'Article 19. "De telles attaques cherchent à imposer un régime de censure et d'auto censure. Le fait qu'elles soient commises par des groupes non étatiques ne diminue en rien la responsabilité de l'Etat qui, selon les standards internationaux en matière de droits humains, doit prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les organes de presse contre de telles attaques. Il en va du futur de l'Etat de droit dans le pays."
De quoi discutent les autres membres de l'IFEX

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