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Quatre journalistes y compris une travaillant pour radio Kalima détenus et interrogés par la police, l'édition de l'hebdomadaire "Ettarik Al-Jadid" saisie et la sentence de six ans d'emprisonnement contre le journaliste Fahem Boukadous maintenue

(OLPEC/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse de l'OLPEC, daté du 8 février 2009:

La police continue de harceler les journalistes travaillant dans des médias indépendants

Le 7 février 2009, la police a arrêté sur l'avenue Habib Bourguiba la journaliste Faten Hamdi, journaliste à Radio Kalima, alors qu'elle était accompagnée de deux de ses amies, elle a été conduite au poste de police du district de Tunis où elle a été détenue durant trois. La journaliste a été au préalable soumise à une fouille au corps, puis interrogée sur son travail à Radio Kalima. Elle a été menacée d'emprisonnement si elle continue à travailler avec Kalima et un procès verbal a été dressé.

Le même jour et à un court intervalle, le même scénario s'est répété avec l'équipe travaillant pour la chaîne "Alhiwar Ettounsi". Les trois journalistes Aymen Rezgui, Amina Jabloun et Badr Essalam Trabelsi ont été interpellés au commissariat de police de la rue de Cologne alors qu'ils s'apprêtaient à couvrir une conférence au siège du parti Attajdid. Ils ont eux aussi été menacés de représailles s'ils continuent de travailler avec une "chaîne illégale" et des "offres" de travail dans des organes officiels leur ont été faites s'ils démissionnent. Ils n'ont été libérés qu'au bout de deux heures. La police leur a confisqué un appareil photo, des cartes SD et des CD-Rom.

Rappel des faits:
Ces harcèlements ont lieu dans un contexte de dégradation significative des libertés et d'une nouvelle offensive contre les médias indépendants et d'opposition engagée par les autorités tunisiennes depuis plus d'une semaine.

Cette offensive s'est illustrée par le raid opéré par la police politique le 30 janvier dans les locaux de radio Kalima après un siège de plusieurs jours autour de l'immeuble et l'interpellation des journalistes. Ce raid a été opéré en présence du procureur de la république qui a autorisé la confiscation des équipements informatiques ainsi que le matériel personnel des journalistes qui y travaillent, par la suite les scellés ont été apposés sur la porte de l'appartement abritant les bureaux de Kalima. Une information judiciaire a été ouverte contre l'une des rédactrices en chef de Kalima, Sihem Bensedrine pour "transmission radiophonique sans l'obtention d'une autorisation légale", ce que conteste les animateurs de la radio qui considèrent ce raid comme illégal et arbitraire, car aucune loi en Tunisie n'interdit la diffusion de contenus audio, vidéo ou écrits sur Internet et aucune loi n'exige une autorisation pour cela.

Depuis la fermeture de leur bureau, les journalistes de Kalima sont harcelés par la police qui n'a cessé de leur imposer une surveillance collante. Les lignes des téléphones de tous les membres de Kalima sont depuis coupées par intermittence.

Le numéro 113 de l'hebdomadaire "Ettarik Al-Jadid", organe du Mouvement Ettajdid, parti d'opposition, a été saisi le 31 janvier pour avoir retranscrit l'interrogatoire de Bechir Laabidi, l'un des dirigeants du mouvement social de Gafsa dont le procès en appel s'ouvrait le 3 février. Le plus grave c'est que la direction du journal a appris la saisie de son numéro par les journaux officiels et la notification par les autorités judiciaires n'avait pas eu lieu. Or le procès-verbal en question avait fait l'objet d'un débat public au cours de la première audience du tribunal de première instance de Gafsa tenue le 4 décembre 2008, selon la direction du journal qui conteste la légalité de la démarche, et a servi de base pour le jugement prononcé lors de l'audience du 11 décembre 2008 du même tribunal.

La cour d'appel de Gafsa a confirmé, le 4 février 2009, la condamnation par contumace du journaliste Fahem Boukadous de la chaine satellitaire El Hiwar Ettounsi à six ans de prison pour avoir couvert les événements du bassin minier et cela dans le même procès ou comparaissaient trente-huit leaders syndicalistes qui ont organisé des manifestations pacifiques qui se sont déroulées en 2008, dans le bassin minier de la région et qui ont été lourdement condamnés à des peines allant de deux à huit ans de prison ferme.

L'OLPEC:
- s'inquiète de cette nouvelle offensive contre les libertés en Tunisie qui cible particulièrement les journalistes indépendants
- exige que soient levées les poursuites contre Fahem Boukadous et que ce dernier puisse poursuivre son travail en toute liberté
- dénonce les harcèlements contre les journalistes des médias indépendants et exige qu'ils puissent travailler en toute sécurité loin de toute persécution policière
- condamne la saisie de "Ettarik Al-Jadid" et assure la direction du journal de son entière solidarité
- dénonce la fermeture illégale du bureau de radio Kalima et la confiscation de ses équipements et exige la levée des poursuites contre Sihem Bensedrine.

Pour l'Observatoire
La vice présidente
Naziha Rjiba

Mise à jour du cas Boukadous: http://www.ifex.org/fr/content/view/full/99496

Pour des informations complémentaires sur le blocus de Radio Kalima, cliquer ici: http://www.ifex.org/280fr/content/view/full/100427

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