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Vidéos d'interrogatoires détruites par la CIA : la crédibilité du pays en matière de droits de l'homme est en jeu

(RSF/IFEX) - Des e-mails provenant de l'Agence centrale de renseignements (CIA) ont révélé, le 15 avril 2010, que la direction du service avait ordonné de détruire des dizaines de preuves vidéo d'interrogatoires pratiqués en 2002 sur deux détenus en Thaïlande. Haut fonctionnaire de l'agence à l'époque, José A. Rodriguez a ordonné leur destruction, en novembre 2005, de peur que la CIA puisse être poursuivie en justice.

"Jusqu'à quand ce mauvais scénario se repétera-t-il ? La destruction de ces vidéos est une atteinte caractérisée à la liberté d'information des citoyens américains, et au principe souverain du Premier amendement. Il est ainsi démontré que la CIA a systématiquement tenté de dissimuler au public les techniques illégales d'interrogatoires en vigueur sous la précédente administration. Combien de ces vidéos détruites allons-nous encore découvrir ?", s'est interrogée Reporters sans frontières.

Dans le cadre du Freedom of Information Act (FOIA), l'organisation de défense des libertés civiles ACLU avait demandé, en 2003, à obtenir les documents relatifs aux abus et tortures commis au sein des prisons secrètes de la CIA. Le 2 mars 2009, les autorités fédérales avaient déjà reconnu la destruction de 92 enregistrements vidéo d'interrogatoires en 2005. Il s'agit de la deuxième révélation de ce genre. Selon le "New York Times", Porter J. Goss, directeur de la CIA alors en fonctions, a "ri" et assuré qu'il "dédramatiserait" la situation, en apprenant que les vidéos avaient été détruites.

Quand la crédibilité des États-Unis en matière de droits de l'homme est à ce prix, il est indécent de vouloir "dédramatiser". Nous réitérons notre demande. La nouvelle administration du président Barack Obama doit diligenter une enquête sur cette atteinte caractérisée aux principes de la Constitution et en punir les auteurs. La société américaine ne pourra faire l'économie d'une enquête sur les graves violations commises au nom de la "guerre contre le terrorisme". Les blocages de la Maison Blanche sont contre-productifs.

Depuis 2003, le gouvernement a accepté de publier plus de 100 000 pages concernant les sévices infligés par des soldats américains aux détenus. Ces documents montrent que des centaines d'entre eux ont été torturés et que les techniques ont atteint un haut degré de cruauté sous l'administration Bush.

Le 15 mai 2009, l'organisation Judicial Watch a adressé une requête similaire relative à des documents faisant état de discussions entre la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et son premier conseiller Michael Sheehy, concernant "l'amélioration des techniques d'interrogatoire". Le gouvernement devait les rendre publics avant le 16 avril 2010. Il a demandé "plus de temps".

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