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La « Mère de la Révolution » remporte le prix Nobel de la paix; deux journalistes sont tués

Tawakul Karman reçoit les félicitation de ses supporters à Sana’a après l’annonce qu’elle a remporté le prix Nobel de la paix
Tawakul Karman reçoit les félicitation de ses supporters à Sana’a après l’annonce qu’elle a remporté le prix Nobel de la paix

REUTERS

Les organisations de défense de la liberté d'expression de partout dans le monde accueillent avec enthousiasme la nouvelle que la championne yéménite de la liberté de la presse Tawakkul Karman figure parmi les trois femmes à qui on a décerné le prix Nobel de la paix la semaine dernière. Mais cet enthousiasme est aussi tempéré par la tristesse et la frustration à cause de l'assassinat de deux autres journalistes yéménites, indiquent les membres de l'IFEX.

L'Institut international de la presse (IIP), Human Rights Watch, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), ARTICLE 19, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF) rapportent que le comité Nobel a reconnu cette année le travail inlassable de trois femmes qui luttent en faveur de la paix et de la démocratie : Karman, partenaire de plusieurs groupes membres de l'IFEX, ainsi que la militante libérienne de la paix Leymah Gbowee et la Présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf.

Fondatrice groupe yéménite Femmes journalistes sans chaînes (Women Journalists Without Chains), Karman a contribué à organiser les manifestations de protestation contre les violations des droits de la personne commises par le régime du Président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 30 ans, longtemps avant l'éclosion du « Printemps arabe ». Elle a été emprisonnée à de nombreuses reprises depuis que son organisation a mis en branle ses premières manifestations non violentes, en 2007, font remarquer l'IIP, la FIJ et ARTICLE 19.

Tandis qu'ARTICLE 19 rapporte que Karman a reçu de nombreuses menaces de mort, cette mère de trois enfants est l'idole des manifestants pro-démocratie du Yémen, qui l'appellent la « Mère de la Révolution ». Des milliers de personnes se sont rassemblées lors d'un sit-in non violent organisé pour exiger sa libération après son arrestation en janvier dernier, dit RSF. Elle défend inlassablement la libre expression, et elle a tenu régulièrement des sit-ins pour exiger la remise en liberté des journalistes incarcérés.

« Je dédie [ce prix] à tous les martyrs et à tous les blessés du Printemps arabe… en Tunisie, en Égypte, au Yémen, en Libye et en Syrie, et à toutes les personnes libres qui se battent pour leurs droits et leurs libertés », a déclaré Karman au Service en langue arabe de la BBC.

Malheureusement, aussi la semaine dernière, Abdel Hakim Al-Nour, caméraman à l'Association Hayel Saeed Anam, et Abdel Majid al-Samawi, reporter à la station de télévision « Al-Yemeniya », sont morts, rapporte RSF. Al-Nour a été tué le 3 octobre tandis qu'il couvrait une offensive militaire dans la province de Taiz. Al-Samawi est mort à l'hôpital le 4 octobre, où il a succombé à une blessure par balle reçue une semaine auparavant d'un tireur embusqué alors qu'il couvrait une manifestation anti-gouvernementale à Sana'a, selon ce que rapporte RSF.

Tandis que les organisations de l'IFEX font état de nombreux cas de tentatives d'assassinat contre des journalistes au Yémen, il est probable que les journalistes ont été expressément visés par des éléments favorables à Saleh.

Le décès de ces deux journalistes porte à cinq le nombre des journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions depuis le début des manifestations pro-démocratie au Yémen. RSF constate que le nombre des homicides de manifestants s'est particulièrement accru depuis que le Président Saleh est rentré d'Arabie saoudite, le 3 octobre.

Reconnaissant que cela fait un an que l'écrivain dissident chinois Liu Xiaobo s'est vu décerner le prix Nobel de la paix, RSF invite les trois lauréates de cette année à se servir de leur célébrité pour attirer l'attention sur le fait que Xiaobo est toujours en prison, où il est souvent placé en isolement cellulaire et où il se voit nier toute visite de sa famille.

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