RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Assassinat d'un journaliste à Bukavu

(JED/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse de JED

Assassinat d'un journaliste à Bukavu : JED demande la constitution d'une commission mixte d'enquête pour faire toute la lumière.

(Kinshasa, 14 juin 2007) - Journaliste en danger (JED) est consternée par l'assassinat, mercredi 13 juin 2007 vers 20H00 GMT, de Serge Maheshe Kasole, journaliste à la Radio Okapi, Station de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, à l'est de la RD Congo.

Cet assassinat, le quatrième qui frappe des professionnels des médias en RD Congo en moins de deux années, mérite, pour une fois, que toute la lumière soit faite et que les coupables puissent être déférés devant la Justice. Pour cela, JED demande au gouvernement congolais la constitution, toutes affaires cessantes, d'une commission d'enquête mixte indépendante à laquelle elle est prête à prendre part.

Selon des témoignages récoltés par JED, Maheshe a été tué par balles tirées à bout portant dans la poitrine et les jambes par deux personnes en civil mais armées au moment où, accompagné de deux amis, le journaliste s'apprêtait à prendre place dans le mini bus frappé du logo des Nations Unies qu'il conduisait comme d'habitude.

Les tueurs ont ordonné au journaliste et ses deux amis de s'asseoir à même le sol. Sans hésiter, Maheshe et ses amis se sont exécutés. L'un des amis du journaliste a demandé, en langue swahili, aux tueurs s'ils voulaient de l'argent. Pour toute réponse, l'un des tueurs a tiré deux coups de feu dans les deux jambes du journaliste. Ses deux amis ont pu ainsi fuir. Pendant leur fuite, ils ont entendu trois autres coups de feu qui ont atteint Maheshe en pleine poitrine, selon d'autres témoignages obtenus par JED à Bukavu. Sans rien emporter, les tueurs se sont éclipsés dans la nature profitant de l'obscurité.

Lorsque les autres personnes qui étaient dans la parcelle sont sorties après avoir entendu les coups de feu, elles ont constaté que le journaliste était mortellement blessé et l'ont immédiatement conduit à l'Hôpital de Référence de Bukavu où les médecins n'ont fait que constater le décès.

De part le modus operandi de ce crime, JED est fondée de penser que les tueurs non seulement connaissaient la victime mais aussi qu'ils étaient venus pour le tuer sans autre forme de procès. Par ailleurs, plusieurs témoignages recueillis localement font état des menaces qu'aurait reçues le journaliste. En effet, dans deux courriers électroniques adressés à JED, les 7 et 9 mai 2007, Maheshe faisait part des "injures" et "menaces de mort" dont il a été l'objet, dimanche 6 mai 2007, lors d'une altercation avec des militaires commis à une barrière placée non loin de son domicile. Dans le même courrier, le journaliste disait à JED avoir saisi plusieurs autorités civiles et militaires, au niveau provincial et national, qui avaient promis de "suivre" la situation.

En dépit des assurances reçues et des excuses présentées par les responsables directs de ces militaires, le journaliste avait estimé, dans les mêmes correspondances, "ne pas se faire d'illusions" et "rester attentif" avant d'ajouter qu'il "continue à avoir une crainte pour le comportement de ces militaires envers (lui) et (sa) famille qui habite ce secteur".

JED rappelle que de novembre 2005 à ce jour, quatre professionnels des médias ont été tués en RD Congo. Il s'agit de Franck Ngyke Kangundu et son épouse Hélène Mpaka, tués le 3 novembre 2005 à Kinshasa, Mutombo Kayilu, technicien de maintenance tué, le 29 mars 2006, sur le site des émetteurs à Kisanga (faubourg de Lubumbashi, dans la province du Katanga) et Louis Mwamba Bapuwa, journaliste indépendant tué le 8 juillet 2006 à son domicile de Kinshasa/Matete.

Dernier Tweet :

Nepal: Local leader in Saptari district attacked for requesting information on budget misuse from municipality… https://t.co/PFWfx92oi4