(RSF/IFEX) – Alors que RSF a remis le mercredi 28 novembre 2001, à l’Assemblée nationale française, son 10e prix au journaliste iranien Reza Alijani, les autorités iraniennes continuent de réprimer les médias. Ainsi, le journal « Mellat » a été officiellement suspendu le 29 novembre. La raison invoquée par les autorités est de prévenir « les tensions et […]
(RSF/IFEX) – Alors que RSF a remis le mercredi 28 novembre 2001, à l’Assemblée nationale française, son 10e prix au journaliste iranien Reza Alijani, les autorités iraniennes continuent de réprimer les médias. Ainsi, le journal « Mellat » a été officiellement suspendu le 29 novembre. La raison invoquée par les autorités est de prévenir « les tensions et l’insécurité dans le climat de la presse du pays « . La parution avait déjà été suspendue le 23 mai 2000 au lendemain de la publication du premier numéro (consulter l’alerte de l’IFEX du 1er septembre 2000).
Le 27 novembre, le quotidien d’informations économiques « Akhbar-é-Eghtessadi » a, quant à lui, été interdit de reparution. Le tribunal de la presse, présidée par le juge Saïd Mortazavi, a précisé que, selon la loi, le journal, publié en 1997 et 1998 sous les noms « Akhbar » puis « Akhbar-é-Eghtessadi », a déjà fait l’objet d’une interdiction de publication par la justice et ne peut donc reparaître. Le quotidien avait été suspendu en 2000 dans le cadre de la politique de répression de la justice qui avait abouti à la fermeture d’une vingtaine de quotidiens et de nombreux périodiques réformateurs (consulter des alertes de l’IFEX du 1er septembre et 25 avril 2000).
Les arrestations non justifiées de journalistes se poursuivent. Siamak Pourzand, 70 ans, diabétique et cardiaque, a disparu depuis le 24 novembre. Il collaborait ces dernières semaines avec des radios de l’opposition iranienne basée aux États-Unis. Selon Amnesty International, la disparition du journaliste serait liée à sa position de directeur de la Majmue-ye Farrhangi-ye Honari-ye Tehran, le centre culturel de Téhéran. Là, Pourzand accueillaient artistes, intellectuels et écrivains. Le journaliste est particulièrement connu pour ses articles hostiles au régime islamiste. Pourzand est le mari de l’avocate des droits de l’homme, Mehrangiz Kar, qui vit actuellement aux États-Unis. Issa Khandan, responsable du service société de deux quotidiens, « Khordad » et « Fath », a, quant à lui, été arrêté le 10 novembre par le Tribunal du clergé. Son épouse a déclaré ne pas connaître les raisons de son arrestation.
RSF rappelle que l’Iran détient aujourd’hui le triste record d’être la plus grande prison pour journalistes du Moyen-Orient. Dix-huit journalistes sont derrière les barreaux. La plupart d’entre eux n’ont toujours pas été jugés après des mois d’emprisonnement. Ali Khamenei, le Guide de la République islamique, est l’un des 39 prédateurs de la liberté de la presse recensés dans le monde par RSF.