(RSF/IFEX) – Zamzam Abdullahi Abdi, responsable de l’information de l’Association des femmes journalistes somaliennes (Sowja), a été enlevée et retenue sous la menace par des individus armés non identifiés, du 24 au 25 octobre 2004 à Mogadiscio. « Même si nous nous réjouissons du fait que Zamzam Abdullahi Abdi a été libérée saine et sauve, cet […]
(RSF/IFEX) – Zamzam Abdullahi Abdi, responsable de l’information de l’Association des femmes journalistes somaliennes (Sowja), a été enlevée et retenue sous la menace par des individus armés non identifiés, du 24 au 25 octobre 2004 à Mogadiscio.
« Même si nous nous réjouissons du fait que Zamzam Abdullahi Abdi a été libérée saine et sauve, cet enlèvement prouve qu’il y a urgence à rebâtir un Etat en Somalie, a déclaré RSF. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, nous appelons le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed à rendre justice aux défenseurs de la liberté de la presse tels que Zamzam Abdullahi Abdi, en prenant en compte leur combat et leurs appels ».
« Zamzam Abdullahi Abdi fait honneur à son pays en défendant non seulement la liberté de la presse dans un climat d’anarchie, mais également les femmes et les enfants dans un pays où leur situation est souvent précaire. Rien ne peut justifier l’utilisation de la violence et du chantage à son encontre », a ajouté l’organisation.
Selon les informations recueillies dans la capitale somalienne par RSF, Abdi a été forcée de monter dans une voiture par trois individus, le 24 octobre à 17h00 (heure locale), près du marché de Bakaraa. Ses ravisseurs, deux hommes et une femme armés de fusils-mitrailleurs AK-47 et d’un pistolet, lui ont bandé les yeux. Elle a néanmoins pu brièvement contacter son mari par téléphone pour lui expliquer la situation. Abdi a été libérée vers 8h00 du matin, le 25 octobre, après une nuit de détention, quelque part dans Mogadiscio.
On ignore les motifs exacts de son enlèvement. « Je pense que j’ai été enlevée à cause de mes activités de défense des enfants, parce que mes ravisseurs m’ont enjointe de cesser de parler du droit des enfants », a-t-elle raconté au Somali Journalist Network (Sojon), une organisation locale de défense de la liberté de la presse.
Outre ses activités à la Sowja, Abdi est également responsable adjointe de la COGWA, une organisation de femmes somaliennes, et aussi représentante locale de l’African Network for the Prevention and Protection of Child Abuse and Neglect (ANPPCAN), une organisation de défense de l’enfance basée à Nairobi, au Kenya. Mariée et mère d’une fille, elle détient la double nationalité somalienne et kenyane.
Les enlèvements de civils sont monnaie courante en Somalie, où des miliciens exécutent des « contrats » de kidnapping contre 200 $US.