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RSF proteste contre la perquisition des locaux d'un journal

(RSF/IFEX) - RSF exprime son inquiétude après que des enquêteurs ont perquisitionné, le 13 mai 2003, vers 16h00 (heure locale), les locaux de Flux Publications. Ils ont saisi des ordinateurs, des messages électroniques et des documents en relation avec un article faisant état de relations entre un homme d'affaires libanais et un groupe terroriste.

"Que la moindre plainte pour calomnie déposée contre un journal permette à la justice de perquisitionner une rédaction et de violer ainsi le secret des sources journalistiques est scandaleux. Même dans le cas d'articles se rapportant à des affaires aussi délicates que la vente d'armes à un groupe terroriste, la saisie de documents ayant servi aux journalistes pour faire leur travail d'investigation est inadmissible car elle les transforme, malgré eux, en auxiliaires de justice", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF, dans un courrier adressé au procureur général, Vasile Rusu. "Nous craignons par ailleurs que les poursuites judiciaires dont fait l'objet Flux Publications ne soient un prétexte pour faire pression sur un média qui gêne les autorités en publiant des enquêtes sur des sujets polémiques. Nous vous demandons de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que soient restitués les documents et le matériel saisis et que cessent les pressions des autorités sur les journalistes de Flux Publications", a ajouté Ménard.

La perquisition a été menée dans le cadre des poursuites pour calomnie, ouvertes à l'encontre de Flux Publications, le 24 avril après une plainte de l'homme d'affaires libanais et ancien consul honoraire du Liban à Chisinau, Mahmoud Hamoud. L'article incriminé, publié le 20 mars dans les trois supports du groupe (une agence, un quotidien, un hebdomadaire), faisait état de liens entre Hamoud et des terroristes du Hezbollah. Il rapportait également des menaces proférées par le ministre de la Justice, Ion Morei, à l'encontre des journalistes de Flux, ainsi qu'une discussion entre ce dernier et le résident Vladimir Voronine sur les moyens de faire fermer le groupe de presse, jugé trop critique.

Selon Igor Burciu, rédacteur en chef de l'hebdomadaire, les enquêteurs ont empêché les journalistes de communiquer avec l'extérieur au cours de la perquisition. Le lendemain, vers midi, des agents des services secrets moldaves ont interrogé les journalistes dans leurs locaux au sujet du même article et de son auteur, qui l'a signé sous le pseudonyme de Ion Manole.

Depuis le 20 mars, date de la publication de l'article, Igor Burciu et son adjoint, Vitalie Calugareanu, ont été presque quotidiennement convoqués et interrogés par le parquet sur leurs sources d'informations et sur l'identité de l'auteur, sans pour autant être accusés d'un délit précis.

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