Le gouvernement a ordonné aux exploitants du câble de bloquer la transmission des signaux de deux des plus importants radiodiffuseurs indépendants de nouvelles télévisées du Pakistan, « Geo News » et « Aaj TV ». L’ordre est arrivé vendredi dernier, pendant des manifestations de protestation, affirment la Fondation de la presse du Pakistan (Pakistan Press […]
Le gouvernement a ordonné aux exploitants du câble de bloquer la transmission des signaux de deux des plus importants radiodiffuseurs indépendants de nouvelles télévisées du Pakistan, « Geo News » et « Aaj TV ». L’ordre est arrivé vendredi dernier, pendant des manifestations de protestation, affirment la Fondation de la presse du Pakistan (Pakistan Press Foundation, PPF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).
En interceptant les signaux des stations dans les grandes villes, le gouvernement tentait de censurer la couverture des rassemblements de protestation, dit la PPF. Des centaines de juristes et de militants politiques ont été arrêtés après que Nawaz Sharif, le dirigeant de l’opposition, eut lancé un appel à une « longue marche » de Lahore à Islamabad pour exiger le rétablissement du juge en chef de la Cour suprême Itikhar Chaudhry, et des autres juges congédiés il y a deux ans par l’ancien dirigeant militaire, Pervez Moucharraf. À la suite de pressions incessantes, Chaudhry et dix autres juges ont été réintégrés lundi dans leurs fonctions, et la plupart des manifestants qui avaient été incarcérés ont été relâchés.
Alors que les représentants du gouvernement démentent avoir bloqué les chaînes, un exploitant du câble a déclaré à la PPF qu’un directeur de l’Autorité de réglementation des médias électroniques du Pakistan (Pakistan Electronic Media Regulatory Authority) lui avait donné au téléphone l’ordre de cesser la transmission de « Geo News » et de « Aaj TV ». Le CPJ rapporte en outre que les câblodistributeurs contactés par Geo TV ont déclaré que des responsables du gouvernement leur avaient ordonné de laisser tomber les stations.
« Les instructions verbales données par les fonctionnaires aux exploitants du câble constituaient non seulement une atteinte flagrante à la liberté d’expression, elles sont aussi parfaitement illégales devant la loi du Pakistan », dit Owais Aslam Ali, secrétaire général de la PPF. « S’il est sincère dans ses prétentions en faveur de la liberté d’expression, le gouvernement devrait ordonner la tenue d’une enquête indépendante sur la question et traduire en justice les fonctionnaires responsables de ces gestes inconstitutionnels et illégaux. »
Le blocage de la transmission donne à penser que le gouvernement civil du Pakistan continue de recourir aux tactiques répressives du gouvernement Moucharraf contre les médias, dit le CPJ. « La promesse de médias ouverts au Pakistan vient de recevoir un autre coup dur, cette fois d’un gouvernement civil. »
La démission pendant le week-end de la ministre fédérale de l’Information du Pakistan, Sherry Rehman, représente un signe supplémentaire de cette tendance inquiétante. Rehman, elle-même ancienne rédactrice, aurait remis sa démission pour protester de son désaccord avec les fonctionnaires du gouvernement sur les restrictions imposées aux médias.
Consulter les sites suivants :
– PPF : http://tinyurl.com/dmn5sf
– CPJ : http://tinyurl.com/c6npa6
Pour lire la page de l’IFEX sur le Pakistan, aller à :
http://ifex.org/en/content/view/full/588
(18 mars 2009)