Tandis que la Libye prend depuis un an d’importantes mesures pour améliorer son dossier au chapitre des droits de la personne, de graves problèmes demeurent, notamment des restrictions sur la liberté d’expression, dit Human Rights Watch. Le groupe, membre de l’IFEX, a passé trois semaines récemment dans ce pays pour enquêter sur les conditions d’exercice […]
Tandis que la Libye prend depuis un an d’importantes mesures pour améliorer son dossier au chapitre des droits de la personne, de graves problèmes demeurent, notamment des restrictions sur la liberté d’expression, dit Human Rights Watch. Le groupe, membre de l’IFEX, a passé trois semaines récemment dans ce pays pour enquêter sur les conditions d’exercice des droits de la personne, la première mission du genre en Libye.
Selon le groupe de surveillance, le gouvernement a accordé l’accès à un vaste éventail de hauts responsables ainsi qu’à des postes de police, un centre de détention d’immigrants, cinq prisons et plus d’une vingtaine de prisonniers, qui ont été interviewés en privé. Des guides du gouvernement, cependant, escortaient les chercheurs de Human Rights Watch et surveillaient les contacts non autorisés avec les personnes.
Pendant la mission, les chercheurs de Human Rights Watch ont fait enquête sur la liberté de la presse, les conditions carcérales, les méthodes utilisées dans la campagne antiterroriste de la Libye, les droits des femmes et les droits des migrants et des réfugiés.
Human Rights Watch a interviewé le prisonnier politique le plus connu de la Libye, Fathi al-Jahmi, détenu sans procès depuis plus de treize mois dans un centre de sécurité intérieure à Tripoli.
Al-Jahmi a été arrêté le 26 mars 2004 après avoir accordé des entrevues à des médias internationaux dans lesquelles il avait critiqué le dirigeant libyen, le colonel Mouammar Kaddafi, et exigé des réformes internes. Il encourt des accusations de tentative de renversement du gouvernement, de calomnies contre le colonel Kaddafi et d’être entré en contact avec des autorités étrangères. La troisième accusation, a-t-il dit à Human Rights Watch, fait suite à des conversations qu’il a eues avec un diplomate américain à Tripoli.
Human Rights Watch a aussi interviewé l’écrivain et chroniqueur sur Internet Abdul Rezak al-Mansouri, détenu au secret depuis le 12 janvier par des agents de la sécurité intérieure après avoir publié des articles critiques à l’égard du gouvernement libyen sur le site web http://www.akhbar-libya.com. D’après un haut responsable de la sécurité, al-Mansouri a été accusé de posséder un pistolet sans permis.
Al Mansouri ne présentait aucun signe physique de mauvais traitement, a déclaré Human Rights Watch. Toutefois, on ne lui a permis aucune visite depuis son arrestation et il n’a pas été autorisé non plus à consulter un avocat.
Human Rights Watch souligne que les lois de la Libye continuent de criminaliser la libre expression. En vertu du Code pénal, toute personne qui critique Kaddafi ou la révolution de 1969 qui l’a porté au pouvoir est passible de la peine de mort. Les autorités libyennes ont fait savoir au groupe de surveillance qu’une révision du Code pénal serait déposée au parlement d’ici la fin de la présente année pour y être débattue.
Aux termes du nouveau code, la peine de mort « sera limitée dans la plus grande mesure du possible », même si elle restera en vigueur pour les « crimes les plus dangereux » et pour le « terrorisme », selon le Secrétaire à la Justice, Ali Umar Abu Bakr.
Consulter :
– Human Rights Watch : http://www.hrw.org/english/docs/2005/05/23/libya10983.htm
– Mise à jour de Human Rights Watch sur la Libye : http://www.hrw.org/doc?t=mideast&c=libya
– Reporters sans frontières : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=13891
– Dossier d’Amnistie Internationale : http://web.amnesty.org/library/index/fraMDE190022004?open&of=fra-LBY
– Traduction anglaise d’un article de al-Mansouri : http://www.rsf.org/IMG/doc/050523mansouri_article_GB.doc