La Chine envisage de dresser une liste noire afin d’empêcher de travailler les journalistes qui contreviennent aux règles en matière de reportage, indique le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Selon le CPJ, la décision a été rapportée sur un site web officiel du gouvernement, qui affirmait que l’Administration générale de la presse et […]
La Chine envisage de dresser une liste noire afin d’empêcher de travailler les journalistes qui contreviennent aux règles en matière de reportage, indique le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).
Selon le CPJ, la décision a été rapportée sur un site web officiel du gouvernement, qui affirmait que l’Administration générale de la presse et des publications, l’agence qui contrôle les médias du pays, « établira une base de données des professionnels des médias qui ont un mauvais dossier ».
Le gouvernement a déclaré que cette base de données s’insère dans un plan plus vaste destiné à renforcer les règles qui gouvernent le travail des reporters de Chine. Selon le CPJ, les nouveaux contrôles, y compris les cartes d’identification de presse, entreront en vigueur à la fin de ce mois-ci et seront en place avant juin.
« Tout gouvernement qui tente de décider qui est un « bon » journaliste et qui ne l’est pas nous alarme », a déclaré le CPJ.
Les nouvelles règles ont vu le jour après l’annonce, le 6 février, que les journalistes de Hong Kong et de Macao étaient tenus de postuler une demande de carte de presse auprès du gouvernement central et qu’ils devaient obtenir le consentement des personnes qu’ils veulent interviewer avant chaque voyage en Chine – ces restrictions avaient été relâchées pour les reporters dans le cadre de l’engagement que le gouvernement avait pris d’assurer des médias libres pendant les Olympiques de Pékin.
Ces nouvelles règles visent à cibler les fausses nouvelles. Selon le CPJ, les reporters corrompus représentent un grave problème sur le marché chinois brutalement concurrentiel, et minent parfois la confiance du public dans les journalistes. En août 2007, un producteur de la télévision a été condamné à un an de prison après avoir contrefait une histoire sur des brioches fourrées au carton. En janvier de la même année, un jeune reporter a été battu à mort dans une mine de charbon illégale – les propriétaires ont dit qu’il avait tenté d’obtenir un pot-de-vin en échange de son silence sur la mine illégale.
Mais le CPJ souligne que les journalistes légitimes qui couvrent la nouvelle de manière critique pourraient bien être ciblés eux aussi. « Dans la Chine post-olympique, les médias connaissent davantage de restrictions depuis la clôture des jeux en août 2008. Nous espérons que le gouvernement n’utilisera pas la volonté légitime de rehausser l’intégrité des médias en Chine pour poursuivre sa répression des reportages critiques à l’égard du gouvernement », a indiqué le CPJ.
Les nouvelles règles ne s’appliquent pas aux journalistes étrangers, qui relèvent de la réglementation du ministère des Affaires étrangères.
Sept importantes organisations de défense des droits de la personne, dont Human Rights Watch, Freedom House et Reporters sans frontières, qui sont membres de l’IFEX, pressent la Secrétaire d’État des États-Unis Hillary Clinton de faire des droits de la personne, notamment de la censure de la presse intérieure, un sujet de discussion important lors de sa visite à Pékin cette semaine. D’après les groupes, au moins 26 journalistes chinois sont toujours emprisonnés à cause de leur travail, dont un grand nombre résultent d’accusations ambiguës comme la « divulgation de secrets d’État » et « incitation à la subversion ».
Pour lire leur lettre ouverte à Clinton, aller à : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=30299
Consulter également les sites suivants :
– CPJ : http://ifex.org/en/content/view/full/100861/
– Page de l’IFEX sur la Chine : http://tinyurl.com/24bfcf
(18 février 2009)